Par Marion Riegert
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La Faculté des langues fait le point sur l’impact de l’IA sur ses formations

Les métiers en lien avec les langues sont particulièrement impactés par l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA). Pour anticiper cet impact sur l’insertion de ses diplômés, identifier les nouvelles opportunités professionnelles et adapter son offre de formation, la Faculté des langues a obtenu un financement de l’Idex formation 2024 « Métiers de l’avenir en sciences humaines : innovation et pédagogie face à l’intelligence artificielle », d’avril 2025 à juin 2026.

Demain, aura-t-on encore besoin de traducteurs ou d’interprètes ? Comment former les enseignants de la Faculté des langues au numérique ? Face à ces problématiques, il fallait réagir et voir comment adapter notre formation et outiller nos enseignants, rapporte Thomas Mohnike, doyen de la Faculté des langues. 

La faculté postule et obtient un financement de l’Initiative d’excellence (Idex) formation qui lui permet de recruter une chargée de projet, Inès Adjoudj. Une première phase d’état des lieux et de cartographie des métiers est lancée d’avril à septembre. Pour savoir où travaillent nos diplômés de licence et de master (2015-2024) et comment, selon eux, l’IA impacte ou va impacter leurs pratiques et les compétences requises, explique Thomas Mohnike. 

 Expérimenter une IA locale

Pour cela, nous nous sommes basés sur des données existantes comme les enquêtes d’insertion professionnelle de l'Observatoire régional de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle des étudiants (Oresipe), l’annuaire du réseau Alumni de l’Université de Strasbourg, ou encore les données Linkedin de 600 diplômés, ajoute Ophélie Garnier, vice-doyenne de la Faculté des langues. Le tout, complété par un questionnaire diffusé auprès des anciens diplômés (cf encadré).

Une seconde phase, qui va durer jusqu’en avril 2026, porte sur l’expérimentation de scénarios pédagogiques intégrant l’IA dans l’enseignement. Dès cette année, nous avons créé des modules IA en licence 1, 2 et 3. Nous expérimentons également une IA locale développée par la Direction du numérique. Nous pouvons notamment lui donner nos cours comme base de connaissance, souligne Thomas Mohnike. 

Il faut être assez agile 

Côté projets, nous regardons comment intégrer l’IA dans l’apprentissage des langues en travaillant sur l’Espagnol et le Français langue étrangère. Sans oublier un travail sur l’IA et la recherche académique, détaille Inès Adjoudj qui précise que le projet se terminera par une phase d’évaluation et de documentation. 

Nous allons mesurer l’impact de ce qui a été mis en place sur les apprentissages et l'employabilité des étudiants. En cas d'évaluation positive, nous regarderons les différentes possibilités de déploiement à l’échelle de la faculté, souligne Ophélie Garnier qui précise qu’un cadre d’usage de l’IA a été voté en conseil de faculté pour les étudiants et les enseignants. Le sujet en lui-même évolue rapidement, glisse Inès Adjoudj. Il faut être assez agile, conclut Julie Dittel, responsable du Service numérique pour la pédagogie de la Faculté des langues et ingénieure pédagogique. 

Le point en chiffres sur le questionnaire diffusé auprès des anciens diplômés

  • 88 réponses exploitables.
  • 5 parties : usages de l’IA dans les activités, rôle de la formation universitaire, représentation actuelle de l’IA, profils des répondants, commentaires libres.
  • 100% des métiers sont impactés par l’IA. Beaucoup travaillent dans la traduction et l’enseignement, mais pas que. Il y a aussi des personnes en gestion de projets, en communication et marketing, dans les ressources humaines ou le commerce international.
  • 74% ont un usage quotidien de l’IA pour la correction de mails, la génération de photos, de contenus, la traduction, l’analyse et la visualisation de données. En majorité, les diplômés disent avoir dû se former et s’adapter à l’IA.
  • 58% des répondants indiquent que l’IA ne donne pas de résultats précis, qu’il faut revérifier. Ils pointent une perte de créativité, des problèmes de confidentialité. Le questionnaire met aussi en évidence un besoin urgent de formation à ces technologies, et une forte demande de développement de l’esprit critique face aux outils numériques.
  • 20% évoquent le problème de l’accès limité et de coût de l’IA. 

L’Unistra face aux défis de l’IA

Dans l’enseignement, les équipes de direction, les métiers administratifs, la recherche… Depuis au moins deux ans, voire plus, l’IA infuse dans tous les domaines à l’université. Comment cette dernière répond-elle aux défis que pose cette révolution, comment s’en saisissent les acteurs, quelles réponses et processus sont mis en place ? Ingénieurs, chefs de projets, chargés de mission… Savoir(s) le quotidien part à la rencontre de celles et ceux qui sont mobilisés en tant qu’acteurs du changement !

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