Par Frédéric Zinck
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Visibiliser l’invisible : 40 ans de VIH

A travers différentes propositions, le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg et le Service universitaire de l’action culturelle s’associent à l’exposition proposée par le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS) autour du VIH. Objectif : croiser les sciences et l’art.

En 2022, la conservatrice en chef du patrimoine et cheffe d’établissement du MAMCS, Estelle Pietrzyk, se rapproche de l’université avec le souhait de proposer un pendant scientifique et universitaire à l’exposition alors encore en cours de construction : Aux temps du sida. Œuvres, récits et entrelacs. Un accueil plus que favorable au sein de l’université qui se concrétise aujourd’hui par un temps fort  (in)visible, (in)dicible : 40 ans de VIH , durant tout le mois de novembre ponctué de nombreuses propositions. Différents services, composantes et laboratoires se sont associés très naturellement au projet pour aboutir à une programmation cohérente autour des enjeux liés à la maladie, explique Simon Tenaud, chargé de programmation des conférences et actions culturelles en territoire au Jardin des sciences de l'Université de Strasbourg et coordonateur de ce temps fort aux côtés de Lara Dupuis-Braganti, chargée de projets, d’ateliers et médiation Carte culture.

Découvrir, informer, rendre visible la maladie

Découvrir, informer, rendre visible la maladie comme le virus qui en est la cause représente le fil conducteur de ce temps fort. Deux enseignants-chercheurs de la Faculté des arts proposent un colloque dédié à la représentation du sang dans les arts. Le Département d’histoire des sciences de la vie et de la santé s’est penché sur la programmation d’une série de documentaires avec des réalisateurs invités. Le Service universitaire de l’action culturelle a également été moteur. Une installation monumentale sur la façade de l’atrium d’une œuvre photographique de l’artiste Jean-Michel Othoniel est visible dès maintenant et le restera pendant quelques mois. Des étudiants des ateliers culturels sont également engagés dans l’aventure. Ils proposeront à la Pokop le mardi 7 novembre à 18h, une traversée radiophonique et sonore autour du VIH. Plusieurs conférences et débats s’ajoutent également à ces différentes propositions.

L’art est amené sur les campus et la science dans les musées

Sur le volet prévention, le Service de santé étudiante avec l’Etablissement français du sang, organise un don de sang et un stand d’informations sur les infections sexuellement transmissibles, le 21 novembre au Palais universitaire.
L’ensemble des propositions se répartissent entre le musée et l’université.  Au travers de ce projet, l’art est amené sur les campus et la science dans les musées, ajoute Simon Tenaud. A l’image de l’émission radio en direct et en public au MAMCS le 14 novembre à 14h30 qui propose une conversation croisée ente militants, artistes et scientifiques ou chacun à leur manière oeuvrent sur le terrain pour venir à bout de l’épidémie et de ses stigmates.

 Au coeur de la programmation, le professeur Willy Rozenbaum, codécouvreur du virus. Au début des années 1980, alors jeune médecin à l’hôpital Claude-Bernard de Paris il diagnostique une maladie dont on ignore encore tout. C’est un jalon important de la programmation qui a lieu le 9 novembre à 18h30 dans l’amphithéâtre Ourisson de la Faculté de chimie. Nous sommes très heureux qu’il ait accepté notre invitation. En plus des différents experts invités pour mieux comprendre la maladie dans le cadre d’autres rencontres du programme, il apportera son témoignage sur la manière dont il a appréhendé cette inconnue et par la suite la manière dont cette découverte a impacté sa vie professionnelle et personnelle.

  • Retrouvez des capsules sonores tout au long du temps fort « (In)visible, (in)dicible : 40 ans de VIH » : autour de l'oeuvre d'Othoniel, émissions radios, conférences enregistrées...

(in)visible, (in)dicible : 40 ans de VIH

Il y a 40 ans était découvert le virus de l'immunodéficience humaine à l’origine du sida. Son émergence et ses premiers ravages ont inspiré de nombreuses mises en mots et en images, au point que la maladie paraît appartenir au passé. 40 millions de morts plus tard, où en est la recherche médicale ? Quelles formes revêt la stigmatisation des personnes séropositives ? Comment remédier à la méconnaissance croissante d’une pandémie qui continue de sévir ?
L’Université de Strasbourg propose tout au long du mois de novembre un temps fort pour mieux comprendre les enjeux liés à la maladie, recueillir les paroles de protagonistes, visibiliser l’invisible pour ne plus taire l’indicible.

Tous les événements sont gratuits et sans réservation, sauf mention contraire.

En écho à l’exposition Aux temps du sida. Œuvres, récits et entrelacs proposée au Musée d'Art Moderne et contemporain de Strasbourg, d'octobre 2023 à février 2024.

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