Par Edern Appéré
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Le nouveau Centre sportif universitaire, fer de lance d'une politique sportive tous azimuts

Mardi 13 janvier marque l’inauguration du nouveau Centre sportif universitaire (CSU) implanté au cœur du campus de l’Esplanade. L’occasion de revenir sur la politique de l’université en matière de sport avec Fabrice Favret, chargé de mission Politique sportive et doyen de la Faculté des sciences du sport, et Thomas Kedinger, directeur du Service des sports.

Où l’université se situe-t-elle en matière de pratique sportive ?

Thomas Kedinger : Au premier semestre 2025-2026, 8 081 étudiants et personnels étaient inscrits à l’une des 82 activités sportives et artistiques proposées par le Service des sports. Avec 4,5 activités pratiquées en moyenne par personne, nous nous trouvons dans la moyenne haute nationale.

« Avec 4,5 activités pratiquées en moyenne par personne, nous nous trouvons dans la moyenne haute nationale. »

Le sport à l’Unistra ce sont aussi les compétitions universitaires auxquelles nos étudiants participent. Grâce à eux, l’université récolte de nombreuses médailles aux championnats de France et d’Europe universitaires. Il faut souligner l’investissement important des étudiants pour participer à ces compétitions en plus de celles auxquelles ils sont inscrits avec leurs clubs. C’est l’Association sportive de l’université qui gère l’engagement des étudiants dans ces pratiques compétitives, grâce à des subventions versées par l’établissement et la CVEC. Avec 1 200 licenciés, l’Association sportive représente l’un des plus grands clubs du Grand-Est.

Fabrice Favret : Un autre volet réside dans l’accueil d’étudiants sportifs de haut niveau. L’Université de Strasbourg a mis en place une politique pour attirer et accompagner ces étudiants afin qu’ils puissent concilier leur parcours d’études et les exigences et contraintes propres à la pratique d’un sport à haut niveau. Alan Lange est responsable du suivi personnalisé de ces étudiants. Il veille à ce qu’ils disposent d’aménagements d’emploi du temps ou de partiels, en dialogue avec leur composante.

Ce panorama ne serait pas complet sans évoquer la recherche. Nous avons deux unités de recherche qui étudie le sport sous des angles complémentaires : en sciences humaines et sociales avec l’unité de recherche Sport et sciences sociales et en physiologie avec le Centre européen d'enseignement, de recherche et d'innovation en physiologie de l'exercice.

Que représente l’ouverture du nouveau CSU pour la pratique sportive à l’Unistra ?

T.K. : Le nouveau Centre sportif universitaire est un formidable équipement au service de l’ensemble de la communauté universitaire. Plus grand et plus moderne que l’ancien, il intègre des dispositifs innovants permettant de réduire et de maîtriser les consommations énergétiques, faisant de lui l’un des équipements sportifs les plus économes de France (voir encadré ci-dessous, NDLR). Il dispose de salles pour des pratiques spécialisées et des espaces qui n’existaient pas auparavant comme un espace dédié à la danse, une structure d’escalade et une magnifique salle de musculation-cardio. Ceci permet non seulement de développer de nouvelles pratiques, mais aussi d’avoir davantage de créneaux à proposer aux usagers, dans un objectif de formation et pratique sportive pour tous.

F.F. : Ce nouveau centre a permis d’engager une mutualisation de certains équipements avec la Faculté des sciences du sport. Nos deux structures ont co-investi dans du matériel qui profite aussi à l’ensemble des étudiants. Ceci permet de réduire les déplacements et les coûts pour nos étudiants, qui, les années précédentes, devaient se rendre dans des installations de l’Eurométropole.

T.K. : L’ouverture du nouveau centre sportif ne doit pas faire oublier les autres campus. Nous essayons, dans la mesure du possible, de doter chaque campus d’installations sportives. À Illkirch par exemple, nous avons conçu un espace de 600 m² d’agrès sportifs outdoor (street-workout, musculation et cardio-training) à proximité immédiate de l’IUT Robert-Schuman et de la Faculté de pharmacie. Il est très utilisé et apprécié par les personnels, étudiants et même les riverains.

Observez-vous déjà un effet du nouveau CSU sur la pratique sportive ?

T.K. : Le CSU a ouvert ses portes au mois d’octobre : à ce stade, après trois mois de fonctionnement, il est difficile de connaître son impact. Nous dresserons un bilan en fin d’année universitaire. Un événement est cependant venu marquer la fin d’année 2025 : la Nuit de la danse, le 18 décembre dernier. 600 spectateurs ont assisté, à la veille des congés de fin d’année, aux présentations de spectacles de danse des étudiants dans un gymnase avec une sonorisation professionnelle, chose qui n’aurait pas été faisable dans l’ancien centre sportif. Ceci met en valeur l’une des fonctions très importantes de ce bâtiment : réunir les gens et favoriser les rencontres. Cet équipement est un lieu de lien social. Il permet, par exemple, aux étudiants internationaux de se faire des connaissances et de s’intégrer, et à tous ses usagers de partager des moments conviviaux.

Quelles vont être les grandes lignes de la politique en matière de sport pour les mois et années à venir ?

F.F. : Cette politique s’organise autour de plusieurs axes : favoriser la pratique du sport pour tous, poursuivre l’accompagnement des étudiants dans les compétitions sportives universitaires, accompagner les sportifs de haut niveau dans leur double parcours, faire la liaison entre les différentes structures qui proposent des activités physiques et sportives. On a beaucoup parlé du Service des sports et de l’Association sportive, mais le Service pour la promotion de l'action sociale (Spacs) pour les personnels, le Service de santé étudiante pour les étudiants et certaines composantes ont aussi une offre de pratiques sportives. Mon souhait est d’essayer de coordonner toutes ces initiatives et de s’inspirer des bonnes pratiques des uns et des autres.

Le centre sportif universitaire, champion d'écologie

Un soin particulier a été apporté à la conception du bâtiment pour en limiter au maximum la consommation énergétique. En détails, le CSU c'est : 

  • 6 200 m² de surface totale dont 4 328 m² de surfaces sportives
  • 3 gymnases
  • 9 salles spécialisées (salle d’escalade, musculation-cardio, boxe, bien-être, danse, arts martiaux…)
  • des façades équipées de triple vitrage dont des vitrages à contrôle solaire pour les gymnases
  • un débord de 2,5 m pour créer de l'ombre sur la façade exposée au sud, et la présence de stores par ailleurs
  • une isolation par laine de roche et de bois
  • l'emploi de bois provenant de Forêt-Noire (Allemagne) et d'Autriche
  • une verrière zénithale équipée de panneaux photovoltaïques générant une petite production d'électricité auto-consommée

Résultat : une consommation de chauffage qui se situe entre 1 et 2 kWh/m²/an, là où la norme pour un bâtiment passif est de 15kWh/m²/an.

Revivre la cérémonie d'inauguration du CSU lors des vœux 2026

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