Par Frédéric Zinck
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Bilan carbone : un outil de pilotage au service de la transition bas carbone

Suite au premier bilan carbone réalisé en 2023 sur les données de l’année 2021, un nouveau bilan a été réalisé sur les données 2024. Analyse du travail accompli et du chemin parcouru avec Hélène Rohmer, responsable de la Mission développement durable & responsabilité sociétale de l’Université de Strasbourg.

Quels sont les principaux enseignements du bilan carbone 2024 ?

Contrairement au bilan carbone réalisé en externe en 2023 sur les données de l’année 2021, ce deuxième bilan a été réalisé en interne selon la méthodologie Bilan carbone ©. Ceci grâce au recrutement de Thomas Keraudren en 2025, chargé de projet Décarbonation au sein de la Mission développement durable & responsabilité sociétale. 
Depuis 2021, l’université s’est structurée pour renouveler ce bilan de manière régulière et doter l’établissement d’un outil de pilotage rigoureux et maîtrisé de la transition bas carbone. Un travail de grande ampleur qui va continuer à mobiliser l’ensemble des services, composantes et unités de recherche de l’université.
Côté chiffres : en 2024, l’Université de Strasbourg a émis l’équivalent de 80 743 tonnes de CO2 (incertitude de +/- 9 %). Un chiffre en baisse par rapport à 2021, ce qui est une tendance à saluer et inscrit l’Unistra dans la trajectoire de transition bas carbone qu’elle s’est fixée en 2023. Avant tout, les chiffres du bilan carbone sont des indicateurs qui vont nous aider à suivre une trajectoire. 

Quels sont les points forts de ce bilan ?

Une réduction de 26,5 % de nos émissions sur le poste de l’électricité et du chauffage par rapport à 2021

L’un d’eux concerne l’ampleur du périmètre analysé. Celui-ci englobe l’ensemble des activités de l’université scrutées au travers de trois scopes. Le premier concerne les émissions directes comme la consommation d’essence, de gaz et de fioul, le deuxième, les émissions directes liées à la consommation d’électricité et le dernier regroupe les autres émissions indirectes comme l’alimentation, les achats ou encore les trajets domicile-travail des étudiants et du personnel.
Le plus grand poste concerne les déplacements quotidiens et professionnels qui représentent 47 % du total des émissions. Le deuxième concerne les achats (30 %) et le troisième l’électricité et le chauffage (12 %). 
Sur ce dernier poste, on constate une réduction de 26,5 % de nos émissions par rapport à 2021. C’est une excellente nouvelle d’autant plus que cette réduction correspond aux engagements du plan de transition bas carbone que l’université a adopté. Cette baisse de consommation résulte d’un effort de sobriété énergétique collectif lié à la baisse de la température de chauffage et à la fermeture des bâtiments à certaines périodes clés. Ces mesures vont être maintenues mais il est indéniable que nous ne pourrons pas les amplifier outre mesure. Il est nécessaire aujourd’hui d’actionner de nouveaux leviers.

Bilan carbone 2024

Quels sont les leviers sur lesquels il va falloir aujourd’hui se concentrer ?

L’université oriente aujourd’hui ses efforts sur la performance énergétique des bâtiments, sur les déplacements décarbonés et sur les achats durables. 
Le nouveau Centre sportif universitaire qui sera inauguré le 13 janvier est un bon exemple. Une construction qui mêle bois et béton et qui, avec d’autres spécificités, en font un bâtiment plus performant qu’un bâtiment passif. L’université va également se doter d’un plan de mobilité qui passe bien sûr par la sensibilisation de l’ensemble de la communauté universitaire aux mobilités actives et décarbonées en plus d’un travail spécifique sur les déplacements professionnels avec l’enjeu de réduire l’impact de l’avion. 
Sur le volet des achats, l’université va intégrer une politique d’achats socialement et écologiquement responsables. Pour ce faire, l’ensemble de la communauté des acheteurs sera mobilisé et dès la rentrée 2026, une personne dédiée sera engagée au sein du département Achats-Marchés .
La stratégie de décarbonation de l’université est pleinement intégrée au Schéma directeur Développement durable et responsabilité sociétale et environnementale (DD&RSE) 2025-2029.

Carborama : une exposition pour sensibiliser au changement climatique

Savez-vous combien de limites planétaires sont actuellement dépassées ? À combien s’élève l’empreinte carbone moyenne d’une personne habitant en France sur une année ? Ou encore ce que signifie « pouvoir de réchauffement global » ? Carborama, ou le panorama carbone de l’Université de Strasbourg est une exposition créée par la Mission développement durable et responsabilité sociétale (DDRS), qui a pour objectifs de sensibiliser la communauté universitaire au changement climatique et de communiquer sur les résultats du bilan carbone 2024 de l’Université de Strasbourg. 
La conception et la fabrication de cette exposition a été guidée par un principe primordial : la cohérence entre le contenant et le contenu. Le principal matériau utilisé est le bois (pin ou épicéa). Celui-ci est resté brut et n’a subi aucun traitement chimique. Les déplacements liés à la fabrication ont également été restreints puisque le menuisier est installé à Rosheim et les fablabs (pour la gravure) se trouvent tous deux à Strasbourg. Les impressions ont été faites en interne (département Imprimerie de la Direction des moyens généraux). Le bilan carbone de l’exposition est estimé à 1,82 tCO2e.

  • À découvrir à la bibliothèque de l’Inspe (Meinau) jusqu’au 23 janvier, au Cardo du 24 janvier au 20 février et ensuite à l’IUT Louis-Pasteur (Schiltigheim) du 20 février au 16 mars.

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