Par Marion Riegert
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12e édition du concours Ma thèse en 180 secondes : « Protéger notre liberté de recherche »

Sur scène, le jeudi 20 mars à 14h30 à l’amphithéâtre Cavaillès de l’Université de Strasbourg, les neuf doctorantes et doctorants de la finale Alsace 2025 du concours Ma thèse en 180 secondes se succèdent sous le regard de lycéens, d’invités, du grand public et des internautes.

Après une courte vidéo présentant les coulisses du concours en Alsace, la voix de la comédienne Margaux Lagleize, animatrice du jour, résonne. Elle se lance dans une présentation de l’évènement pour ceux qui débarqueraient d’une autre planète ou pour mamie Josiane mise devant la retransmission YouTube. 

Le défi pour les candidates et candidats de l’Université de Strasbourg et de l’Université de Haute-Alsace ? Présenter leurs travaux de recherche de manière claire et accessible en 180 secondes. Une opportunité unique aussi de faire enfin comprendre à tonton Hubert ce qu’ils font de leurs journées, lance la comédienne faisant référence à l’isolement social des doctorants.

Un monde où la place des scientifiques est contestée 

Place ensuite aux prises de parole plus sérieuses, Frédérique Berrod, présidente de l’Université de Strasbourg, tout juste élue fait son premier discours avec un peu d’émotion. Elle rappelle l’importance de l’évènement et de protéger notre liberté de recherche dans un monde de plus en plus difficile où la place des scientifiques est contestée. Je pense que la question qu’on m’a le plus posée durant ma thèse c’est : quand est-ce que tu finis ? Malheureusement, aujourd’hui, la question qu’on pose c’est : mais qu’est-ce que fait un scientifique, est-ce que c’est bien utile de les payer ?

Dans la même veine, Géraud Delorme, délégué régional du CNRS en Alsace, débute par une pique au président américain saluant le courage des finalistes. Un courage personnel et politique pour défendre la science au moment où elle est attaquée de toutes parts.

Après quoi, les neuf doctorants descendent les marches sous la musique de The Eye of the Tiger performée au yaourt par Margaux Lagleize, pour éviter des droits d’auteur hors de portée des finances de l’Université de Strasbourg. Les cinq membres du jury poker face sont également présentés.

La princesse souffre, la princesse meurt...

Premier à passer sur le gril Jean-Baptiste Marigo du Laboratoire de recherche en gestion et économie (Large – Unistra). Diapositive à l’appui, il utilise la Belle au bois dormant pour présenter son sujet de thèse qui s’intéresse à l’influence des histoires et du folklore sur notre vision du monde. 

Match du siècle entre le cancer et le système immunitaire, Léonie le rat atteinte d’hyperphagie boulimique qui ne peut pas s’empêcher de s’enfiler des sucreries devant sa série, Léo élève de CM1 dyslexique en difficulté… les présentations et les métaphores s’enchainent. 

Dans un souk, en plein Bagdad au Moyen-Âge, la princesse rêvée avance, cheveux d’ébène, parfum de miel, mais sous ses étoffes les bactéries pullulent et la princesse souffre, la princesse meurt ! Capucine Braillon du Laboratoire d’innovation thérapeutique (LIT – CNRS/Unistra) ferme la marche de façon très imagée en présentant ses travaux sur les pharmacopées arabes médiévales comme source de nouvelles associations antibactériennes. 

0,6 % des jeunes entre 24 et 35 ans titulaires d’un doctorat

L’heure est maintenant à la délibération pour le jury et au vote des lycéens. L’occasion pour Margaux Lagleize de revenir sur la dureté de la thèse qui peut aller de 40 mois pour les sciences dures à 72 mois pour les sciences humaines et sociales. Avec un taux d’abandon de moins de 5 % en sciences expérimentales, et autour de 40 % en sciences humaines. 0,6 % des jeunes entre 24 et 35 sont titulaires d’un doctorat, rappelle également la comédienne.

Après des échanges entre les finalistes et le public, les prix assortis chacun d’un chèque de 200 € sont dévoilés : le deuxième prix du jury et le prix du public reviennent à Capucine Braillon. Le premier prix du jury est remis à Axelle Date de l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives (Inci – CNRS) pour ses recherches sur l’impact d’une exposition nocturne à la lumière artificielle. Après des remerciements d’usage et en particulier à sa grand-mère Denise, Margaux Lagleize clôture la séance. Merci bravo et bonne fin de journée !

MT180 en bref

En France, Ma thèse en 180 secondes fête cette année sa 12e édition. À l’échelle nationale, le concours est organisé par le CNRS et France Universités. Le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg et la délégation Alsace du CNRS co-pilotent le concours pour les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

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