Par Théo Brisset
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Prix Charles J. Epstein, Marianne Lemée, première lauréate française depuis 2008

Marianne Lemée, doctorante dans l’équipe de Christelle Golzio à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC – CNRS/Inserm/Unistra), est l’une des trois lauréats de la catégorie doctorants du prix Charles J. Epstein 2022, décerné par l’American Society of Human Genetics (ASHG). Récompensée le 27 octobre 2022 au centre de convention de Los Angeles, la doctorante a su défendre ses recherches sur la génétique de l’autisme devant un parterre de scientifiques renommés dans le domaine de la génétique humaine.

Le 25 octobre 2022 restera gravé dans la mémoire de Marianne Lemée comme étant l’une des journées les plus longues qu’elle ait vécu. Après un réveil à 3h du matin, 2h30 de bus, 12h de vol, un décalage horaire de plus de 9h et enfin 2h pour atteindre le centre de convention de Los Angeles, la doctorante, qui entame sa deuxième année de thèse, arrive au congrès de l’ASHG à 17h30, heure locale.

Pas le temps de respirer, la jeune femme doit se changer, installer son poster scientifique et présenter son travail de recherche devant un jury regroupant des chercheurs internationaux dans le domaine de la génétique humaine. Marianne Lemée a cinq minutes top chrono pour convaincre le jury du caractère exceptionnel de ses travaux sur l'identification et l'élucidation de la fonction de gènes candidats impliqués dans les maladies neurodéveloppementales.

Je n’y croyais plus

Après quoi, elle profite du congrès pour assister à des conférences scientifiques portant sur les dernières avancées dans le domaine de la génétique humaine. Un moment particulièrement enrichissant, plusieurs conférences portant sur des gènes liés à l’autisme de la même famille que celui que j’étudie. C’était l’équivalent d’une recherche bibliographique très accélérée, raconte la jeune femme qui en profite également pour échanger avec les 17 autres finalistes, sans oublier de prendre quelques contacts au sein de la communauté scientifique et avec des entreprises de biotechnologies.

Le 27 octobre, après une nouvelle présentation orale de ses recherches, arrive le moment de récompenser les doctorants et post-doctorants gagnants du prix Charles J. Epstein. Dans la catégorie des doctorants, Layla Siraj (Harvard) est première. En deuxième, Frederik Philip Vinggaar Staeger (Université de Copenhague). Arrivé au troisième, je n’y croyais plus, et puis j’ai entendu mon nom, au début j’ai cru mal entendre, puis j’ai compris, se souvient la doctorante qui profite des jours suivants et d’un repos bien mérité pour visiter la région.

Un prix pour récompenser les jeunes scientifiques dans la génétique humaine

Coordonné par l’American Society of Human Genetics, le prix Charles J. Epstein pour l’excellence dans la recherche en génétique humaine vient récompenser les projets particulièrement prometteurs menés par des doctorants et post-doctorants du monde entier. Au total, 18 finalistes sont sélectionnés chaque année, neuf doctorants et neuf post-doctorants pour trois lauréats dans chacune des catégories.

Le prix apporte une très bonne visibilité aux recherches portées par les lauréats qui le reçoivent. Il est également un réel tremplin pour Marianne Lemée et sera un atout pour la suite de sa carrière. En général, les scientifiques récompensés dirigent des recherches reconnues dans le domaine de la génétique.

 Il n’y avait pas eu de lauréat français depuis 2008,  la dernière en date étant Sabina Benko, qui était alors l’une des deux doctorantes avec Christelle Golzio, l’actuelle directrice de thèse de Marianne Lemée, de Stanislas Lyonnet à l’hôpital Necker-Enfants Malades à Paris.

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