Par Edern Appéré et Caroline Laplane
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Élections municipales : des étudiants invitent les candidats à débattre

Mardi 3 mars 2026, cinq candidats aux élections municipales de Strasbourg étaient réunis dans un amphithéâtre de l’Institut Le Bel pour répondre aux questions préparées par cinq étudiants de Sciences Po Strasbourg et cinq étudiants du Centre universitaire d’enseignement du journalisme (Cuej). Entretien avec Adèle Tabaali, étudiante au Cuej, et Romain Chateau, étudiant à Sciences Po, membres du comité d’organisation.

Pourquoi avez-vous souhaité mettre sur pied ce débat ?

Romain Chateau : L’idée de ce débat est née dès le mois de septembre dernier entre étudiants de l’association Sciences Po Forum. Au sein de cette association, notre rôle est de faire vivre le débat, surtout politique. Mais, au lieu de faire une conférence sur des questions de politique nationale, nous avons jugé intéressant de plutôt nous concentrer sur des enjeux locaux. Avec la perspective des élections municipales, ça nous paraissait naturel de préparer un événement autour des candidats à la mairie de Strasbourg.

Adèle Tabaali : Il était intéressant d’organiser ce débat car, dans nos cursus respectifs, que ce soit au Cuej ou à Sciences Po Strasbourg, les personnalités politiques sont des interlocuteurs que l’on sera amené à rencontrer et avec lesquels on devra travailler. Qui plus est, les étudiants portent un autre regard sur ces élections, se concentrent sur des enjeux dont on n’entend pas toujours parler dans le cadre de la campagne. Nous avons pu questionner les candidats sur ces enjeux qui concernent la jeunesse.

Comment avez-vous procédé pour organiser ce débat ?

R.C. : Ce projet a été, dès le départ, soutenu par la direction de Sciences Po Strasbourg. Le directeur de l’école, Emmanuel Droit, a rapidement pris contact avec Cédric Pellen, son homologue du Cuej, pour que les étudiants en journalisme y soient associés. Le cercle s’est ainsi élargi : nous avons formé un groupe de cinq étudiants de Sciences Po et cinq étudiants du Cuej. 

A.T. : Au départ, c’était un peu fouilli, nous nous posions beaucoup de questions : “Quel va être le format du débat ?”, “Combien de temps va-t-il durer ?”, “Quels candidats convier ?”… Nous avons organisé deux grandes réunions pour dégrossir le terrain. Progressivement, nous avons réussi à affiner les choses.

R.C. : Les directions des deux écoles ont pris en main les questions d’organisation, ce qui nous a permis de nous concentrer sur l’analyse des programmes, le choix des thématiques du débat et la rédaction des questions. 

A.T. : Nous avons travaillé en petits groupes par thématiques. Les journalistes des Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) nous ont apporté leur regard sur les questions que nous voulions aborder et la manière de les poser. Ils nous ont également aidé pour la modération des débats. 

Êtes-vous satisfaits de la manière dont le débat s’est déroulé ?

R.C. : J’ai trouvé le débat très intéressant et assez dynamique. Les candidats ont respecté les temps de parole impartis et les propos étaient très respectueux, même si, c’était à prévoir, la maire sortante a été la cible de quelques critiques. 

A.T. : Je suis très satisfaite par le résultat. Comme on pouvait s’y attendre, certains candidats ont réussi à dérouler leur programme, mais d’autres ont été mis en difficulté par les questions que nous leur avons posées.

R.C. : De leur côté, les candidats étaient très satisfaits. Ils nous ont d’ailleurs tous remerciés pour la pertinence de nos questions et le travail fourni.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

R.C. : Ce débat nous a amené à davantage nous intéresser à la politique au niveau local. Ça fait plusieurs années que nous sommes étudiants à Strasbourg et nous connaissons les grandes lignes de ce qui s’y passe, mais nous nous intéressons peut-être plus en détails à la politique nationale qu’à la politique locale. Du coup ça a permis d’inverser le curseur ! Par ailleurs, le fait d’organiser ce débat avec les étudiants du Cuej nous a donné l’occasion de rencontrer des étudiants d’un autre campus, qui font d’autres études tout aussi intéressantes que les nôtres. Nous avons sympathisé au-delà du travail fait ensemble.

A.T. : Le travail avec les étudiants de Sciences Po a été fluide même si nous n’étions pas forcément disponibles aux mêmes moments ni sur les mêmes campus. Nos manières de penser différentes nous ont beaucoup apporté et ont été très constructives pour élaborer les questions posées lors du débat. Étudier les programmes des candidats et écouter leurs réponses m’a permis d’y voir plus clair sur mon choix de vote lors du scrutin.

Cinq candidats répondent aux questions des étudiants

Cinq candidats* aux élections municipales de Strasbourg de mars 2026 se sont prêtés de bonne grâce à un jeu de questions-réponses orchestré par des étudiants de Sciences Po et du Centre universitaire d'enseignement du journalisme (Cuej), en collaboration avec les DNA.

Manque-t-il un grand musée à Strasbourg, ou un grand festival ? Quel avenir pour le marché de Noël et comment lutter contre le surtourisme ? Que comptez-vous faire pour favoriser l’égalité des chances à Strasbourg ? Comment concilier écologie et développement économique ? Comment comptez-vous relancer le projet de tram Nord ? Les jeunes et les cyclistes ne sont-ils pas les oubliés de votre projet de mobilité pour Strasbourg ?
C’est à ce type de questions, préparées avec soin par un groupe de dix étudiants de l’Université de Strasbourg (cinq de Sciences Po, cinq du Cuej) que les cinq candidats ont dû répondre à tour de rôle, lors de séquences de quatre minutes au timing sévèrement contrôlé par le journaliste Olivier Claudon des Dernières Nouvelles d’Alsace, partenaire de l’opération. Les questions avaient été regroupées en quatre grandes thématiques (culture, social et éducation, aménagement urbain et mobilité, démocratie locale) et personnalisée pour chaque candidat à partir de leur programme respectif.
Devant un amphithéâtre de l’Institut Le Bel aux trois-quarts plein, les directeurs de Sciences Po et du Cuej  (Emmanuel Droit et Cédric Pellen) et le rédacteur en chef des DNA (Frédéric Vézard) ont introduit le débat en insistant sur la nécessaire confrontation d’idées en démocratie (« Nul ne peut imposer le silence à autrui ») et la place centrale de l’université pour porter ce débat d’idées. La candidate du Rassemblement national, Virginie Joron, invitée au débat, a annulé sa participation suite à des tensions apparue le 2 mars sur le campus du Cardo, ce qui explique que le débat a été relocalisé sur le campus central.

C.L.

*Par ordre alphabétique : Jeanne Barseghian, Pierre Jakubovicz, Florian Kobryn, Catherine Trautmann, Jean-Philippe Vetter.

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