Sciences participatives et interdisciplinarité au cœur du débat
Le lundi 15 décembre 2025, le Palais universitaire de Strasbourg a accueilli le deuxième séminaire de l’Institut thématique interdisciplinaire Langage, inclusion, remédiation, interculturalité et communication | ITI LiRiC. Intitulée Sciences participatives et interdisciplinarité : enjeux et défis, cette rencontre a réuni quelque 200 étudiants et personnels de l’université, venus échanger autour des nouvelles manières de faire de la recherche, plus ouvertes, collaboratives et ancrées dans la société.
Organisé par Amalia Todirascu, responsable scientifique de l’ITI LiRiC, Hélène Vassiliadou, responsable de la formation et de l’axe Inclusion & Santé et Mai Anh Do, manager de projet de l’ITI, ce séminaire s’inscrit dans une dynamique visant à favoriser les croisements disciplinaires et à interroger la place des publics dans la production des savoirs.
Favoriser les croisements disciplinaires et interroger la place des publics dans la production des savoirs
Après une ouverture assurée par Amalia Todirascu, Hélène Vassiliadou a posé les jalons du séminaire en proposant une introduction aux sciences participatives et à l’interdisciplinarité : Ce qui nous relie avant tout, c’est le fait d’en parler ensemble : confronter nos points de vue, partager nos représentations et croiser nos expériences avec celles de nos collègues.
La chercheuse a notamment souligné les enjeux méthodologiques ainsi que les défis que les sciences participatives et l’interdisciplinarité soulèvent pour la recherche contemporaine.
Temps fort de la soirée, la conférence de Laurence Schmoll, linguiste didacticienne au sein du laboratoire Linguistique, langues, parole (Lilpa – Unistra) a permis de plonger au cœur du projet Jeux vidéo et compétences. À travers cet exemple concret de recherche participative, elle a montré comment des dispositifs impliquant directement les publics peuvent enrichir la recherche, tout en renouvelant les pratiques scientifiques et pédagogiques. Son intervention a mis en lumière les apports des jeux vidéo comme objets et outils de recherche à la croisée des sciences du langage, de l’éducation et des sciences sociales.
Initier les étudiants de master et de doctorat à ces nouvelles méthodes de recherche
Les échanges se sont ensuite prolongés lors d’une table ronde animée par Nicolas Amadio du Laboratoire interdisciplinaire en études culturelles (Lincs – Unistra) réunissant plusieurs acteurs engagés dans des démarches de sciences participatives. Patrick Colin, maître de conférences en sciences sociales (Lincs – Unistra), a partagé son expérience du projet La Loco, une expérimentation de parcours d’accompagnement auprès de personnes dites très éloignées de l’emploi, tandis que le docteur Agata Krasny Pacini (Inserm) est revenue sur le projet Gremo, dédié à la régulation émotionnelle de patients présentant des lésions cérébrales acquises. Clara Chavanon, de l’équipe Open University of Strasbourg (Opus), a quant à elle présenté les missions d’Opus et les dispositifs d’accompagnement développés pour soutenir les sciences participatives au sein de l’université.
Ce séminaire a offert un espace privilégié de réflexion collective sur la manière dont les sciences participatives peuvent renforcer l’interdisciplinarité, transformer les relations entre chercheurs et citoyens et ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche et la formation. Proposé également dans le cadre de la formation à la recherche pour les étudiants de master et de la formation doctorale, il illustre pleinement l’ambition de l’ITI de faire dialoguer disciplines, pratiques et publics. Je retiens de ce séminaire l'importance de discussions régulières avec les personnes sur qui et pour qui nous menons des recherches. Cela permet l'identification de leurs besoins et le dépassement des représentations que les chercheurs en ont
, confie Jean Ulrich, étudiant en master 2 au sein du Graduate Program de l’ITI LiRiC.
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