L’orthographe, même pas peur
Règles héritées, irrégularités, exceptions... Le français serait une langue compliquée. L’évènement « Ça s’écrit comme ça se prononce ! », organisé par la Faculté des lettres, vise à faire découvrir de manière ludique et interactive les sciences du langage, la littérature française et la langue latine. Il a fait salle comble à l’amphithéâtre Beretz le mercredi 4 mars à 13h30, en présence de lycéens et du grand public, passionnés de grammaire, allergiques aux dictées ou simples curieux...
Dès l’entrée de l’amphithéâtre, des étudiants bénévoles de la Faculté des lettres distribuent crayons et feuilles. L’évènement porte cette année sur l’orthographe. C’est le deuxième rendez-vous grand public que nous organisons après celui sur les langues inventées
, glisse Auphélie Ferreira, organisatrice au côté d’Igor Ilic, tous deux linguistes à l’Université de Strasbourg.
En guise d’ouverture, un cas pratique est proposé. Vous connaissez le nom du village le plus long en Alsacien ?
, lance Igor Ilic qui évoque « Niederschaeffolsheim », ne manquant pas de préciser, sourire aux lèvres, que ça s’écrit comme ça se prononce !
. L’occasion de rappeler que l’écriture des mots peut générer échanges, débats, quiz et malentendus et de dédramatiser : Nous sommes dans un espace de liberté. Ici, il n’y a pas de fautes, écrire c’est réinventer, créer*.
Vous avez le droit de copier et de tricher
Place ensuite à un challenge « d’écritur an ortograf eksploratwar », la fameuse dicterie de Christophe Benzitoun, linguiste à l’Université de Lorraine et membre du collectif des linguistes atterré·e·s. Dicterie ? Il s’agit d’ une pratique ludique et pédagogique revisitée à partir de la dictée, centrée sur la réflexion, la découverte et la compréhension des enjeux de la rationalisation orthographique
.
Dans la salle, lycéens, professeurs, mais aussi personnels et enseignants, se saisissent de leur crayon et s’attèlent religieusement à la dictée, trois phrases tirées des Essais de Montaigne. Vous avez le droit de copier et de tricher
, plaisante le linguiste. Au moment de la correction, un texte de 1598 est proposé comme référence, puis un autre de 1652. Ce que je veux vous montrer c’est que la ponctuation et l’orthographe ont bougé
, souligne Christophe Benzitoun.
Un questionnaire réalisé en direct
L’influence des auteurs et de l’imprimerie sur l’orthographe est ensuite présentée par Nicolas Souhait, spécialiste du 16e siècle et de celle de l’étymologie par Alice Leflaëc, chercheuse en langue et littérature latines à l’Université de Strasbourg.
Puis vient le tour d’Hélène Le Levier, maitresse de conférences en sciences du langage à l’Université de Strasbourg, qui aborde la question de la norme sociale, de l’attachement à l’orthographe et de son utilité. Et ce à travers un questionnaire réalisé en direct avec les participants et commenté au fur et à mesure. La rencontre se clôt par un speed meeting avec les intervenants.
*Référence au Dictionnaire de l’orthographe rationalisée du français
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