Par Marco-Antonio Hauwert Rueda
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Une exposition pour questionner les enjeux autour de la numérisation du patrimoine

L’exposition annuelle des étudiants d’ethnologie (parcours muséologie) de la Faculté des sciences sociales (FSS) questionne la place du numérique dans les collections de musées. A voir jusqu’au 22 juillet, à la médiathèque André-Malraux.

Masques, vases, minéraux ou encore photographies… Cette année, les étudiants du parcours « Muséologie : patrimoines immatériels et collections » ont décidé d’explorer les formes de réplication numérique du patrimoine et leurs questionnements dans le cadre de l’exposition « Objets désincarnés, (ré)incarnés : Les nouvelles dimensions du patrimoine. »

Une des questions principales que nous nous sommes posées est : pourquoi collecter des objets d’exposition dans des ordinateurs ? Quel est l’intérêt ?, explique Charlène Duthel, étudiante de la promotion en charge de la communication qui précise que les différents objets présentés sont issus en grande partie des collections ethnographiques de la Maison interuniversitaire des sciences de l’Homme en Alsace (Misha).

En plus de ces objets, les spectateurs peuvent découvrir des QR codes permettant de voir les artefacts dans leur version numérique, ainsi que des répliques 3D des mêmes objets. Nous voulons présenter autant d’objets que possible dans leur forme incarnée (originelle), désincarnée (sous forme digitale), et réincarnée (imprimée à partir d’une imprimante 3D), souligne Simonetta Ponziano, co-présidente de l’Association des étudiants de muséologie de Strasbourg (EdeMS) et organisatrice de l’exposition. Quelque chose se perd nécessairement de l’œuvre d’origine lors de sa numérisation, mais est-ce important ? Veut-on vraiment tout numériser ?, interroge-t-elle.

Chatouiller leur cerveau

Tout autour de la salle d’exposition, des affiches proposent des pistes de réflexion sans pour autant apporter de réponse définitive à ces questions. Il était très important pour moi de ne pas imposer une conclusion aux spectateurs, et juste de chatouiller leur cerveau, confie Simonetta Ponziano. Une approche qui a fait l’objet de nombreux débats au sein de l’équipe organisatrice, formée d’une quinzaine d’étudiants.

C’est intéressant de me mettre à la place de ceux que j’ai jugés dans le passé

Malgré quelques difficultés dues à la distance, avec une partie de la promotion faisant leur dernier semestre à l’étranger, le projet s’est montré extrêmement gratifiant, conclut Charlène Duthel. Un sentiment que partage Simonetta Ponziano : J’ai écrit un mémoire pour un précédent master portant sur la critique d’expositions des musées nationaux de plusieurs pays ; c’est intéressant de me mettre à la place de ceux que j’ai jugés dans le passé.

Info pratiques

L’exposition « Objets désincarnés, (ré)incarnés » se tient à la médiathèque André Malraux jusqu’au 22 juillet. Visites guidées, tables rondes (en libre accès) et ateliers (sur inscription) disponibles sur le calendrier culturel de l’EdeMS.

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