Un squelette de dinosaure découvert sur le campus historique
Des ouvriers ont fait une découverte inattendue ce jeudi 26 mars juste avant la pose du béton dans la rue de l’université, sur le campus historique de l’Université de Strasbourg. Un squelette de mégalosaure de plus de 8 mètres de long. Après étude, ce dernier prendra place dans la salle de paléontologie de l’Institut de géologie, actuellement en rénovation dont il deviendra la pièce maitresse. Une première en Alsace.
Trois mètres de hauteur, neuf mètres de long, une tonne sur la balance, le mégalosaure qui dormait paisiblement sur le campus aurait vécu il y a un peu moins de 200 millions d’années, à la période du Jurassique. La découverte n’étonne pas Kévin Janneau, chargé des collections de paléontologie au Jardin des sciences. La France est le pays où il y a le plus de sites à dinosaures en Europe, avec des reptiles datant généralement de 100 millions d’années.
Ce qui est moins commun, c’est la localisation du squelette, en Alsace. C’est la première fois que l’on retrouve un tel fossile dans la région. A cette période il y avait un océan. Le mégalosaure a dû mourir dans les Ardennes, avant d’être trainé au gré des cours d’eau jusqu’ici
, souligne Kévin Janneau qui précise que le mégalosaure, sorte de tyrannosaure avant l’heure, est le premier dinosaure carnivore à avoir été décrit.
D’ordinaire carnivore, notre spécimen alsacien, surnommé affectueusement « Mégaga » par les équipes du Jardin des sciences, a la particularité d’être végétarien. Ses dents ne sont pas en forme de couteaux mais plutôt de râteaux comme c’est le cas des herbivores. Il devait se nourrir de fougères, d’herbes et de conifères
, s’étonne Kevin Janneau qui évoque un autre cas similaire, celui du panda roux.
Une intoxication alimentaire
Le reptile pourrait avoir succombé à une intoxication alimentaire en ayant voulu se soigner avec des baies de goji préhistoriques. D’après les premières analyses, il devait avoir une rage de dents mais il n’a pas opté pour le bon remède…
, se désole Kevin Janneau qui salue tout de même la démarche.
Mieux comprendre son parcours hors norme
Evacué discrètement grâce à la pelleteuse du chantier, plâtré et entreposé en sureté dans un lieu tenu secret, le squelette va faire l’objet d’un projet de recherche pluridisciplinaire mêlant sociologie du Jurassique, psychologie du prédateur, chimie ancestrale et paléontologie analytique, dans le but de mieux comprendre son parcours hors norme et sa fin de vie.
Côté Jardin des sciences, Sébastien Soubiran, son directeur, se frotte les mains. C’est une très bonne nouvelle. Une salle dédiée aux collections de paléontologie est justement prévue dans le cadre de la rénovation de l’Institut de géologie. Il faudra surement revoir les aménagements et le calendrier d’ouverture afin de donner au reptile une place centrale, sur le modèle du squelette de baleine dans le hall de la biodiversité du Musée zoologique.
Des Jurassic Tour
Cela va nous permettre de booster la fréquentation et de stabiliser notre modèle économique. Avec ce squelette, on peut s’attendre à dépasser le succès du Musée zoologique
, poursuit le directeur qui voit déjà un Jurassic Parc à l’Alsacienne.
Tenues style camouflage et voiturettes électriques
Des Jurassic Tour seront prévus sur le campus. Il va falloir former nos médiateurs plus spécifiquement à cette période. Nous prévoyons également d’investir dans de nouvelles tenues style camouflage et des voiturettes électriques à l’effigie de Mégaga.
Un objectif ambitieux qui s’inscrit dans le projet de quartier culturel du Jardin des sciences au cœur du campus historique inauguré avec le nouveau Planétarium en 2023, et poursuivi avec l’ouverture du Musée Zoologique en 2025.
Ce dinosaure est l’opportunité de faire rayonner l’université à l’international. Mais aussi d’attirer le grand public pour l’inviter ensuite à découvrir nos autres richesses
, conclut Sébastien Soubiran. Kevin Janneau appelle pour sa part les ouvriers à la plus grande vigilance : Il n’est pas impossible que nous tombions sur de nouveaux squelettes.
Œuf et autres spécimens de dinosaures dans les collections
Fortes de quelque 100 000 spécimens, les collections de paléontologie disposent déjà de parties de squelettes de dinosaures : moulage de mâchoires, vertèbres et autres dents. Mais rien de complet. Ils sont issus de collections de scientifiques du 19e siècle, passés par l’université. J’ai lu dans les archives une information selon laquelle nous disposions d’une reproduction d’un squelette complet de platéosaure, un des plus anciens dinosaures herbivores, découvert en Allemagne, mais il est introuvable
, détaille Kévin Janneau.
Les collections de paléontologie abritent également un œuf de dinosaure trouvé à d’Aix en Provence. Il y a là-bas un site à œufs de dinosaures avec de nombreux nids, mais les scientifiques ne savent pas encore de quel reptile il s’agit.
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