Le ministre des Affaires étrangères et européennes échange avec des étudiants de l’Université de Strasbourg
Ce mardi 10 février, des étudiantes et étudiants de Sciences-Po Strasbourg et de la Faculté de droit, sciences économiques et de gestion étaient réunis en salle Pasteur du Palais universitaire pour débattre avec Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères et européennes.
Dans un silence de cathédrale et avec 20 minutes d’avance, Jean-Noël Barrot franchit le seuil de la salle Pasteur, accompagné de Frédérique Berrod, présidente de l'Université de Strasbourg, pour se joindre à la centaine d’étudiants déjà réunis. En guise d'introduction, Frédérique Berrod dresse un parallèle entre la configuration de ce débat et le lieu où il se déroule : Le Palais universitaire regarde l'ancien palais de l'empereur : ceci montre le rôle de l'universitaire par rapport au politique. Le savoir parle aux autorités dans un esprit d’exigence et de dialogue : c’est ce que je vous souhaite pour ce moment avec nos étudiantes et étudiants !
« Il faut choisir : se reposer ou être libre »
Jean-Noël Barrot explique son déplacement à Strasbourg par la semaine décisive qui s’annonce pour l’avenir de l’Europe après une succession de crises durant les quarante premiers jours de 2026. Placé, une fois n'est pas coutume, au centre de l’auditoire plutôt que sur l'estrade, il présente sa vision de la politique étrangère française, se tournant pour s’adresser à tous les jeunes présents, n’hésitant pas à les apostropher de temps à autre. Une situation qui n'est pas sans lui rappeler ses racines universitaires, lui qui est titulaire d'un doctorat en sciences de gestion et a enseigné au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et à HEC Paris.
Le fil conducteur de son intervention ? Mettre en garde les jeunes générations face aux changements que connaît notre monde. Des certitudes sont remises en question : la paix, la prospérité, la démocratie.
Selon lui, la France et l’Europe ne doivent pas faire l’autruche
, au risque de devenir vassalisés. L’Europe ne serait plus qu’un continent musée où les autres viendraient passer leurs vacances.
La solution qu’il propose tient dans une citation de l’historien grec Thucydide : Il faut choisir : se reposer ou être libre.
« Préparez-vous à être courageux »
Jean-Noel Barrot convoque ensuite deux figures illustres de l’Université de Strasbourg. L'historien Marc Bloch, pour sa vision du courage, valeur que tout-un-chacun peut faire sienne en temps de guerre. L'homme politique Robert Schuman, pour son audace et sa vision de la préservation de la paix qui passe par des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent
. De ces deux exemples, le ministre en tire un conseil : Préparez-vous à être courageux, pour faire face à la brutalisation du monde.
S’ensuit un temps d’échanges avec les étudiantes et étudiants. La dizaine de questions, précises, argumentées, porte sur les différents conflits dans le monde et la place de la France en Europe. Jean-Noel Barrot y répond, avec comme clé de voûte le respect des institutions internationales et de l’état de droit. Le monde que vous aurez à reconstruire après les affrontements entre empires ne pourra reposer que sur les trois grands principes de la Charte des Nations unies : le respect des frontières d’un État, pas d’action armée sauf cas de légitime défense, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ces principes ne sont pas tombés de nulle part en 1945, mais sont nés de la maturation de l’esprit européen après des siècles de guerres
, conclut Jean-Noël Barrot, avant de quitter le Palais universitaire pour rencontrer le président de la Cour européenne des droits de l’homme.
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