Par Marion Riegert
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Samuel Knosp relie seul et à pied le détroit de Gibraltar à Istanbul

7 500 km de marche, 250 000 m de dénivelé, 18 mois, 10 pays traversés, c’est le périple effectué par Samuel Knosp, de Gibraltar à Istanbul. Une aventure que cet attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l’Université de Strasbourg partage à travers une exposition visible à l’Institut de physiologie et de chimie biologique, mais aussi une conférence qui aura lieu le 25 juin.

La marche comme rapport au monde m’a toujours habitée, c’était un rêve puissant, raconte Samuel Knosp. Son doctorat à l’Institut de biologie moléculaire des plantes (IBMP - CNRS) en poche, cet amoureux de la montagne, qui ne prend jamais l’avion, décide de se lancer dans une aventure un peu folle : relier seul et à pied le détroit de Gibraltar à Istanbul. Un itinéraire dessiné en trois jours. J’ai trouvé l’inspiration en regardant une carte, raconte le marcheur qui ne s’est donné aucune contrainte temporelle, si ce n’est un départ en février 2023. 

Dans son sac de 8 kg un équipement minimaliste et ultraléger lui permettant de faire face aux quatre saisons, de -15 à 40 degrés. Une tenue de jour et une de nuit, un sac de couchage. Beaucoup d’objets multifonctions à l’image d’une bâche faisant office de tente, mais aussi de cape de pluie. Une fois sur les routes, ses itinéraires, essentiellement par des massifs montagneux, se construisent au fil du voyage. 

Des ours au nord de la Croatie

Le jeune homme, alors âgé de 29 ans, partant plutôt confiant se souvient d’avoir vécu des émotions très contrastées. La plus extrême restant celle de la solitude qui occupe 99% de son temps. Chevreuils, renards, cerfs… Dans ces moments, hors des sentiers battus, il partage l’espace avec des animaux. J’ai vu des ours au nord de la Croatie, qui ont eu plus peur de moi que l’inverse, mais aussi des empreintes fraiches de loups dans la neige, rapporte ce curieux de nature qui apprend au fil du voyage à différencier les différentes traces laissées par la faune locale.

Cabanes en montagne, porches d’église, lavoirs, igloo ou nuits plus confortables chez l’habitant… J’ai croisé plein de réalités différentes, je me suis un peu senti comme un reporter sans sujet précis, me laissant porter par la marche, les rencontres et la découverte de l’histoire des pays traversés. Avec des personnes abordées au détour d’un café dans un village : Parfois, nous parlions durant une minute, d’autres une journée.

Un moment de grâce 

Lors du Noël orthodoxe en Serbie, un stop dans une épicerie lui permet de se faire inviter dans une famille. Si des personnes me proposaient de dormir chez elles, j’y allais mais je ne demandais jamais l’hospitalité. Dans certains villages, par le bouche-à-oreille, les habitants savaient que j’allais arriver et venaient à ma rencontre.

Son voyage est parfois interrompu par des contrôles de police, en Croatie ou en Turquie où les gens me prenaient pour un migrant. C’est une de ces arrestations qui lui vaut une de ses rares entorses à la marche. Ils m’ont amené en voiture dans une station d’autoroute… La seconde se produit lors de la traversée d’un massif montagneux en Bosnie-Herzégovine. J’avais les pieds gelés, j’ai dû me faire chercher pour être amené à l’hôpital où j’ai passé la nuit.

Des aléas météo parfois compliqués qui ne parviennent pas à altérer son enthousiasme et dont il retient le meilleur. En Bulgarie, dans la chaîne du Grand Balkan, le vent soufflait à me faire tomber, j’étais couvert d’une neige verglacée, il y avait un brouillard aveuglant. Et d’un coup le ciel s’est dégagé m’offrant un moment de grâce. 

Le Sénégal à vélo

Depuis son retour en France, en juillet 2024, Samuel Knosp ressent le besoin de partager ce qu’il a vécu et transmettre ses connaissances. En parallèle des cours qu’il donne à la Faculté des sciences de la vie, il est désormais accompagnateur en montagne dans les Vosges. 

Sans oublier d’avoir de nouveaux projets comme celui d’aller au Sénégal à vélo ou de continuer son périple depuis la Turquie direction le Caucase et l’Asie centrale. Se confronter au monde de manière vulnérable permet de le voir dans son entièreté, de vivre plein d’aventures, d’émotions, conclut le marcheur qui nous invite à l'émerveillement, face à la beauté de la nature.

Exposition, conférence et randonnée

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