Par Edern Appéré
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Prix Louise-Weiss 2026 : « Un palmarès symbole de notre communauté universitaire vibrante »

La cérémonie de la 13e édition du prix Louise-Weiss s’est déroulée ce jeudi 7 mai, dans la salle In Quarto du Studium, en présence de la marraine du concours, l’écrivaine tchèque Lenka Horňáková-Civade. Parmi les 238 textes composés sur le thème "Femmes", treize ont été sélectionnés par le jury et soumis au vote des étudiantes et étudiants. Six sont aujourd’hui récompensés.

Une fois n’est pas coutume, la traditionnelle cérémonie de remise des prix du concours de littérature étudiante n’était pas présidée par Pascal Maillard, son fondateur. Victoire Feuillebois, maîtresse de conférences en littérature russe à la tête de la résidence Écrire l’Europe, explique les raisons de ce moment « historique » : Pascal Maillard a porté le prix Louise-Weiss pendant 13 ans, jusqu’à en faire un prix littéraire reconnu. Parti à la retraite le 1er février dernier, il a eu la délicatesse de ne pas être présent à cette cérémonie, pour laisser toute la place à son successeur, Elias Levi Toledo. 

C’est à cet ancien membre du jury, lui-même trois fois lauréat du prix et actuellement doctorant, qu'il revient désormais de piloter le concours. Un passage de témoin qui tombe sous le sens pour Enrica Zanin, vice-présidente Culture, science et société : Elias Levi Toledo est un collègue, un poète, un auteur, la personne la plus apte pour reprendre ce prix et porter la voix des étudiants. 

Un partage généreux de la douleur et de l’espoir

Ce prix n’existe pas sans les étudiants, rappelle Elias Levi Toledo, fervent défenseur de la littérature, tout en soulignant le courage des participants. Vous avez couru le risque d’écrire sur le thème des femmes, vous avez pris la parole pour parler de beaucoup de souffrances, de violences qui sentent le vécu. Lenka Horňáková-Civade, marraine du prix est, elle aussi, marquée par cette dimension : Aucun texte ne laissait indifférent, ils représentaient un partage généreux de la douleur et de l’espoir. 

« Cette édition du prix Louis-Weiss était consacrée à la force que dégagent les femmes »

Si le sujet, délicat et sensible, lui paraissait en apparence facile, Lenka Horňáková-Civade note la difficulté de se revendiquer femme au pluriel. Sarah Hamze, étudiante en master 2 Psychopathologie, psychologie clinique et lauréate du sixième prix en langue française, témoigne de cette complexité : Ce qui me peine à propos du sujet, c’est que la première chose qui m’est venue à l’esprit ce sont les violences sexistes et sexuelles, alors que les femmes sont si fortes et peuvent faire tant de choses ! Pour Enrica Zanin, cette édition du prix Louis-Weiss était consacrée à la force que dégagent les femmes. S’adressant aux lauréates et lauréats : Vous n’avez pas seulement écrit à propos des femmes, mais vous avez aussi donné votre voix aux femmes. 

« La pluralité est la richesse de l’université »

Un palmarès plurilingue, riche, symbole de notre communauté universitaire vibrante, diverse, se félicite Victoire Feuillebois au terme de la cérémonie. Une diversité incarnée notamment par plusieurs lauréates trilingues qui se sont interrogées sur la langue à employer pour composer. Ma langue natale est l’arabe, j’ai ensuite appris le français, mais c’est en anglais que je me suis sentie la moins vulnérable pour écrire, témoigne ainsi Rayhane El-Bada, étudiante en licence 3 de droit, récompensée du troisième prix en langue anglaise. Ce prix engagé représente nos étudiants qui viennent de différents horizons, s’expriment en plusieurs langues. La pluralité est la richesse de l’université !, conclut Enrica Zanin.

Pour aller plus loin

Le palmarès complet

Le prix Louise-Weiss de littérature a pour objectif d'encourager tant l’écriture de textes que leur lecture et leur sélection par l’ensemble des étudiants de l’université. Depuis l’édition 2024, le jury du prix Louise-Weiss décerne trois prix pour la langue française. Le vote des étudiants est souverain pour décerner trois autres prix : un « Prix des étudiants en langue française », un « Prix des étudiants en langue anglaise » et un « Prix des étudiants en langue arabe ».

Prix des étudiants en langue française

  • 1er prix : No Wedding, Ayzer KUTLAR (Master 1 Biologie et génétique moléculaire)

Prix en langue arabe

  • 1er prix - Prix des étudiants en langue arabe : La vie…écrite par une femme, Aïcha MELKI (Master 1 Islamologie et histoire des mondes musulmans)
  • 2e : Ma tante, la lumière du figuier, Jaber SELLAMI (Master 2 Études moyen-orientales et méditerranéennes)
  • 3e : Ombre de femmes, Lina Sahra BOUGHANEM (Licence 3 Études anglophones)

Prix en langue anglaise

  • 1er prix - Prix des étudiants en langue anglaise : The Garden of Eve, Lauryne BABIN (Licence 3 Études anglophones)
  • 2e position : Her Footnotes, Youmn TAHA (Licence 1 de Droit)
  • 3e position : Her Cartography of the Unspoken, Rayhane EL-BADA (Licence 3 de Droit)

Prix francophones du Jury

  • 1er prix : À croquer, Emmy BEDEL (Master 1 Art du spectacle)
  • 2e prix : Le sang de nos veines s’est mis à jaillir, Tiphaine SUBLET-VAUJE (Licence 1 Art du spectacle)
  • 3e prix : Cantique en langue brasier, Adèle CHRISTOPHE (Licence 1 Humanités)
  • 4e position : Le Puzzle, Léo MOHR (Licence 3 Psychologie)
  • 5e position : Système Error ELLES_, Romane PILLITERI (2ème année d’école d’ingénierie EOST)
  • 6e position : Dis que tu as mal, Débats-toi et Cours, Sarah HAMZE (Master Psychologie : psychopathologie clinique psychanalytique)

Outre les récompenses pécuniaires remises aux lauréats des six prix, les treize écrits littéraires récompensés seront publiés par la Maison d'édition scientifique - Presses universitaires de Strasbourg dans un recueil à l’automne 2026. 

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