Les Presses universitaires de Strasbourg remportent leur pari de la science ouverte
C’est l’une de leurs missions fondamentales, les Presses universitaires de Strasbourg (PUS), maison d’édition scientifique de l’université, ont considérablement renforcé leur engagement en faveur de la science ouverte ces deux dernières années. Une stratégie qui porte ses fruits.
Sept nouvelles collections de livres sur OpenEdition Books, le portail public de l’édition scientifique en sciences humaines et sociales (SHS), deux nouvelles revues, l’une sur OpenEdition Journals, l’autre sur Paréo, la pépinière de revues de la Maison interuniversitaire des sciences sociales et des humanités d'Alsace (Misha)… Grâce au projet Héberger, organiser, renforcer et transformer l’édition scientifique ouverte à l’Université de Strasbourg (Hortus), nous avons pu donner un véritable coup d’accélérateur à la diffusion au plus grand nombre des résultats de la recherche et de la connaissance scientifiques. L’objet même de la science ouverte, l’une de nos missions fondamentales
, souligne Tessa Jacquot, directrice de la maison d’édition scientifique. Ce soutien financier amené par Ouvrir la science, le fonds national pour la science ouverte, dans le cadre d’Hortus, nous a permis de mobiliser les ressources nécessaires à la hauteur de nos ambitions.
Prise en charge du coût de la numérisation des livres et des revues papier, relecture et vérification des fichiers numérisés, obtention de l’accord des auteurs pour la publication numérique, acquisition des droits de reproduction des images, formation des équipes à de nouvelles pratiques et de nouveaux outils… Contrairement aux apparences, la numérisation des livres et des revues nécessite un lourd investissement, tant humain que financier.
Toujours plus de livres, encore plus rapidement
Reste que numériser la science ne suffit pas à véritablement ouvrir la science. Les PUS ont donc fait le choix de rendre leur catalogue encore plus accessible, en offrant la possibilité de lire et/ou télécharger gratuitement et en intégralité tous leurs contenus.
Nous atteignons aujourd’hui un taux d’ouverture de nos publications numériques significatif : 92 % de nos livres et 100 % de nos revues diffusés sur OpenEdition sont en accès ouvert, qu’il s’agisse de diffusion freemium (lecture en ligne seulement) ou d’accès ouvert total. Bien que cela implique de faire une croix sur une partie de nos recettes, nous avons décidé de réduire au maximum, soit à un an seulement, le temps de la diffusion numérique payante
, indique Tessa Jacquot.
Des téléchargements en hausse de 3 875 %
En 2025, les PUS ont connu un taux de croissance à quatre chiffres sur OpenEdition Books, passant de 800 téléchargements annuels à plus de 31 000. Des centaines de milliers de lecteurs originaires du monde entier ont consulté leurs livres. Seuls les habitants de la Corée du Nord, de la Papouasie Nouvelle-Guinée, du Turkménistan et de la Sierra Leone n’ont pas consulté leurs collections.
Cet engagement en faveur de la science ouverte ne concerne pas que les livres. Avec les équipes de l’Ouvroir, le pôle de soutien à l’édition de revues en SHS de la Misha, la rédaction de Deshima s’est lancée en 2025, rendant accessible en ligne ses cinq derniers numéros. La revue de culture et civilisation anglophone Ranam a également intégré OpenEdition Journals. De quoi considérablement augmenter la portée de ces revues annuelles, autrefois disponibles qu’en papier, sur commande ou abonnement.
Par ailleurs, six revues ont leurs archives numérisées sur le portail Persée, celles des Cahiers philosophiques de Strasbourg sont à venir dans les prochaines semaines. Ce sera la dernière étape du projet Hortus.
205 livres, 632 numéros de revues, et après ?
Après 205 livres et 632 numéros de revues déjà en ligne, les prochains développements sont déjà identifiés. Certaines collections ne remplissant pas encore les critères d’admission, trois titres minimum, pour intégrer la plateforme publique de l’édition scientifique les rempliront très bientôt. Il y a également un enjeu scientifique et technique de mise à disposition du fonds ancien de publications papier, qui sont aujourd’hui épuisées alors qu’elles sont toujours demandées.
La science ouverte est un enjeu de long terme. Mais nous pouvons être fiers du chemin parcouru ces derniers mois. D’autant plus que ce développement numérique autour de nos anciennes publications n’a jamais entravé l’édition des nouveaux livres, une quinzaine annuelle, et numéros de revues (20 par an)
, conclut Tessa Jacquot.
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