Par Marion Riegert
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Hassania Sebti, un partage d’expérience entre Maroc et France

Chargée de mission au sein de l’Institut de l’innovation et de l’entrepreneuriat de l’Université de Strasbourg, Hassania Sebti est partie deux ans travailler dans un incubateur marocain. Une expérience qui lui permet aujourd’hui d’apporter un nouveau souffle à son travail.

Hassania Sebti lance le pôle Pépite Etena* en 2010 au sein de l’incubateur Semia, avant de rejoindre l’Université de Strasbourg en 2014 pour assurer son déploiement et son développement en tant que cheffe de projet jusqu’en 2017. Par la suite, elle mène différentes missions, notamment la mise en place de modules de sensibilisation à l’entrepreneuriat

En 2023, elle est approchée par un recruteur international pour occuper un poste de directrice dans un incubateur qui accompagne des projets technologiques dans les domaines de l’Intelligence artificielle et des blockchains.

En janvier 2024 elle obtient une disponibilité et part deux ans, direction le Maroc. J’avais envie de changer d’environnement, de partager mon expertise avec un pays émergent, dans un écosystème où l’innovation et l’entreprenariat commencent à se structurer, raconte Hassania Sebti qui avait déjà réalisé des missions de transfert de compétences à l’étranger dans le cadre de Pépite Etena, en Tunisie, au Maroc et au Liban. 

Mettre à mal quelques préjugés

Les similitudes au niveau juridique, et du droit du travail notamment, entre la France et le Maroc facilitent son intégration. D’origine Marocaine, elle parle également la langue. Même si elle note tout de même un décalage culturel au niveau de l’organisation du travail avec une hiérarchie très descendante.

les incubateurs sont des outils politiques assez forts dans un pays

Dans son portefeuille, pas moins de 500 start-ups, des liens avec des fonds d’investissement et des incubateurs du monde entier. J’ai revu leur programme de préincubation, c’est à dire de l’idée au projet. Mais aussi d’incubation, réaliser la preuve de concept, structurer le business model, lever des financements, tester le marché…, explique Hassania Sebti qui précise que les incubateurs sont des outils politiques assez forts dans un pays. 

L’expérience est l’occasion de mettre à mal quelques préjugés. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le Maroc est très avancé sur les nouvelles technologies. Il y a un soutien fort du royaume sur cet axe, avec des bailleurs internationaux, qataris, américains ou encore chinois, qui soutiennent les projets.

Découvrir les compétences acquises au sein de l’université

Durant cette parenthèse, elle parvient à mettre en place 50 partenariats. Cela m’a permis de voir que les compétences acquises au sein de l’université, l’adaptabilité, la communication, la créativité, l’innovation, pouvaient être valorisées. J’ai pu travailler en lien avec les universités marocaines, voir comment reproduire le modèle de valorisation de la recherche que nous avons à Strasbourg.

Cet univers du privé où une autre mentalité et d’autres enjeux s’appliquent, très stressant et stimulant à la fois, lui permet également d’acquérir de nouvelles connaissances. Découvrir comment une start-up développe des projets innovants sans passer par le laboratoire. Renforcer mon management d’équipe mais aussi mon savoir-faire sur la partie incubation. 

Une expérience précieuse et un nouveau réseau qui vont lui permettre notamment de venir en appui pour développer le volet accompagnement de projets technologiques au sein de l’Institut de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

*Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (Pépite) d’Étudiants – Entrepreneurs en Alsace (Etena)

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