Une collaboration art et science pour interroger la mémoire du Rhin
Le duo d’artistes Lefebvre Zisswiller, mène une exploration sensible et engagée des eaux du Rhin, entre pratiques artistiques, sciences humaines et sciences environnementales. Un dispositif dédié à la co-recherche art-science grâce au soutien du CréaLab de l’Université de Strasbourg.
Dans une époque où les crises écologiques soulèvent des enjeux globaux, Camille Zisswiller et Nicolas Lefebvre choisissent d’explorer notre relation à l’environnement au plus près du terrain, au croisement des disciplines. Ce duo d’artistes visuels travaille depuis plusieurs années à la lisière de l’art, de la recherche scientifique et de l’enquête territoriale, avec une attention particulière portée à l’élément aquatique.
Tout est parti d’une recommandation de Gabrielle Kwiatkowski, responsable du Département arts visuels à la Direction de la culture de la ville de Strasbourg qui a encouragé le duo à prendre attache avec le Pôle Opus et le CréaLab. Très vite, les liens se sont faits évidents : Leur projet entrait en résonance avec les grandes thématiques qui structurent le CréaLab et guident nos actions : biodiversité, santé et intelligence artificielle
, explique Elodie Gallina, chargée de projet CréaLab au sein du Pôle Opus (Open University of Strasbourg)
Une méthode d’enquête artistique, entre immersion et co-construction
Soutenu par les membres du dispositif CréaLab, le pôle Opus, le Service universitaire de l’action culturelle et le Jardin des sciences, ce travail explore la façon dont l’eau vit, ce qu’elle souhaiterait nous dire
, en interrogeant la mémoire du Rhin et les récits qui traversent cet organisme sensible, en questionnant notre rapport au Rhin et à l’eau, mêlant recherche scientifique et fiction poétique. En parallèle, des chercheuses et des chercheurs de l’Université de Strasbourg, spécialistes du droit de l’environnement et de la gestion de l’eau, apportent un éclairage scientifique qui nourrit la dimension fictionnelle du projet.
Leur pratique se fonde sur un protocole non rigide, mais structurant : une immersion sur le terrain, un temps d’arpentage, une série de rencontres, et une lente élaboration d’un récit, souvent fictionnalisé, mais ancré dans le réel. Il ne s’agit pas de faire œuvre documentaire au sens classique, mais de proposer une lecture poétique et sensible du monde, née de frictions entre disciplines. On parle parfois de protocole, mais c’est surtout une démarche évolutive, qui se nourrit d’une enquête sur le territoire. Les projets se construisent par étapes, au fil des rencontres, des hasards, des dialogues
, argumentent-ils.
La science comme catalyseur de création
La rencontre avec des experts permet d’ouvrir l’imaginaire à des échelles invisibles, d’accéder à des formes de perception inédites, que l’art vient ensuite traduire, transfigurer. La science nous permet d’accéder à ce qui ne se voit pas. Le sonar, les cartographies acoustiques, les micro-organismes : autant d’outils qui donnent prise à notre imaginaire artistique.
Ce dialogue entre disciplines s’inscrit dans la volonté d’Opus d’incuber et accompagner des projets hybrides, depuis la première idée jusqu’à leur valorisation, en s’appuyant sur un écosystème riche et un réseau de partenaires et de chercheurs passionnés. Ici, il s’agit de poser un regard renouvelé sur le Rhin, son identité sociale, culturelle et mythologique, tout en laissant la place à la spéculation artistique. Une manière innovante de faire dialoguer art et science, et d’ouvrir de nouveaux imaginaires autour de ressources aussi vitales que l’eau.
L’art comme révélateur de l’invisible
En plongeant dans les profondeurs marines comme dans les méandres d’un territoire, le duo Lefebvre Zisswiller bâtit une œuvre qui fait dialoguer esthétique, politique et écologie. Leur démarche met en lumière ce qui ne se voit pas, ce qui ne s’entend pas, et propose un autre récit, plus lent, plus sensible, de notre rapport au monde.
Dans une époque marquée par l’urgence, ils choisissent la lenteur, l’écoute, la rencontre… et montrent que l’art, loin d’être un simple miroir, peut devenir un instrument d’exploration — un sonar poétique.
Le duo Lefebvre Zisswiller présentera une lecture performée « Hydrostalgie de nos corps liquides » en partenariat avec le CréaLab (OPUS) dans le cadre du Forum Le grand Switch. Le 12 mars de 13h30 à 14h.
Appel à manifestation d’intérêt : Créalab
Le CréaLab lance actuellement l’appel à manifestation d’intérêt pour l’accompagnement et le soutien aux projets art science collaboratifs entre artistes confirmés et chercheurs de l’Université de strasbourg. Il accompagne également la jeune création via l’appel à candidatures CréaNest, un programme d’accompagnement dédié aux jeunes professionnels des Industries culturelles et créatives (ICC), mené en collaboration avec le réseau des Fab Labs de l’Unistra.
Le CréaLab accompagne chercheurs, artistes, acteurs du secteur culturel et des Industries culturelles et créatives (ICC) du territoire alsacien dans la mise en œuvre de leur projet de co-recherche avec l’Université de Strasbourg. En tant que dispositif dédié aux collaborations art-science, le CréaLab stimule l’émergence de questions sociétales dans les projets de recherche de l’Université de Strasbourg par une méthodologie, une dynamique de facilitation et des formats novateurs. Le CréaLab est un levier du Pôle OPUS- Open University of Strasbourg qui s’appuie sur une collaboration étroite avec le Jardin des sciences et le Service universitaire de l’action culturelle.
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