Par Jonathan Rangapanaiken
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Tiger 2.0 : la coopération citoyenne contre le moustique tigre

Alors qu’un cas de dengue importé vient d’être détecté en Alsace, le projet Interreg Tiger 2.0 appelle les citoyens à agir contre le moustique tigre sur l’ensemble du territoire transfrontalier rhénan (Alsace, Allemagne, Suisse). Porté par Bruno Mathieu, entomologiste médical à l’Université de Strasbourg, ce projet a pour objectif de former et mobiliser chaque habitant en ambassadeur pour sensibiliser, surveiller et collecter des données pour la recherche sur ce vecteur de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika.

Selon les rapports du GIEC le réchauffement climatique favorise l’extension des aires géographiques de vecteurs de maladies comme le moustique tigre, reconnaissable à ses rayures noires et blanches et à sa taille minuscule d’environ 5 mm. En septembre 2025, Santé publique France recensait 603 cas autochtones de chikungunya ou de dengue dans 76 foyers en France continentale, c’est-à-dire que ces personnes ont été contaminées par des moustiques infectés en Hexagone… Si le cas récent de dengue en Alsace a été importé, quatre cas de chikungunya autochtone ont été identifiés sur le territoire.

Dans un tel contexte, les bonnes pratiques citoyennes sont aussi déterminantes que la surveillance sanitaire. Le projet Interreg Tiger 2.0 et son prédécesseur, Tiger, investissent toute cette chaine de lutte contre le moustique, introduit Bruno Mathieu, de l’Institut de parasitologie et de pathologie tropicale de Strasbourg et coordinateur du projet.

On veut des citoyens acteurs 

Adoptant une même méthodologie, les projets Tiger et Tiger 2.0 visent des cibles différentes. Tiger, terminé en 2020, s'occupait surtout d’accompagner les services administratifs du territoire du Rhin supérieur. Tiger 2.0 change de cible. L’idée phare de ce nouveau projet, c'est la coopération citoyenne. On ne veut plus seulement des experts, on veut des citoyens acteurs. L'objectif ? Sensibiliser les habitants en véritables ambassadeurs moustiques, poursuit le spécialiste des insectes.

Trois approches structurent le projet. Généraliser la collecte des moustiques : Les citoyens suivent un protocole pour capturer les moustiques et les envoyer aux chercheurs. Participer à une étude en 2027 grâce à un déploiement massif du réseau de pièges avec l’aide des ambassadeurs. Former ces ambassadeurs pour en faire des acteurs de la prévention et l’éducation aux bonnes pratiques.

Le réseau repose sur des pièges pondoirs déployés dans les trois pays autour du Rhin. Comment fonctionnent-ils ? Ces pièges contiennent de l’eau stagnante, ayant macéré, qui attire les femelles en recherche de gîte de ponte. Nous récupérons ensuite les œufs en laboratoire pour cartographier précisément la présence des populations et identifier les zones de transmission les plus à risque, explique Bruno Mathieu. Ce projet mobilise des équipes pluridisciplinaires composées de virologues, entomologistes, médecins et parasitologues…

Ne pas laisser d’eau stagnante

80% des gîtes larvaires de moustiques tigres sont chez les habitants. La prévention reste la meilleure arme du citoyen pour lutter contre ce nuisible, souligne le coordinateur du projet qui rappelle les bons réflexes à adopter. Comme éliminer les points d’eau stagnante, gouttière bouchée, cendrier oublié, seau de jardin, ou même coupelle d'un pot de fleurs, dans lesquels le moustique tigre se développe.

Il adore vivre près des humains, en zone urbaine. En moyenne, il ne s’éloigne pas à plus de 150 mètres de son lieu de naissance. Donc, si vous voyez des moustiques tigres chez vous, c'est qu'ils sont nés soit dans votre jardin, soit chez vos voisins !, conclut Bruno Mathieu qui précise que les citoyens déjà intéressés pour devenir « ambassadeurs moustiques » peuvent contacter ses équipes.

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