Forum des religions 2026 : « comprendre comment les jeunes eux-mêmes changent le religieux »
Pour sa cinquième édition, le Forum des religions s’intéresse aux relations entre jeunes et religions à l’heure des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Co-organisé par l’Université de Strasbourg et les collectivités locales, le forum propose un format renouvelé du 8 octobre au 16 novembre 2026. Trois questions à Éric Vallet, coordinateur du projet Religions et sociétés face aux défis contemporains (Religis), coorganisateur du forum.
Pourquoi avoir choisi de consacrer cette édition aux jeunes et aux religions ?
L’une des originalités du forum est d’être co-organisé par l’université et les collectivités locales. Ce thème des jeunes est venu des collectivités, qui croisent cette thématique à différents niveaux : la Ville de Strasbourg, à travers l’action sociale menée auprès des jeunes, dans les centres socioculturels, la Collectivité européenne d’Alsace et la Région Grand Est dans les établissements scolaires ou dans l’accompagnement post-bac.
Mais cette question permet aussi d’aborder un sujet de fond : l’impact de la révolution numérique, des réseaux sociaux et maintenant de l’IA sur les rapports que les jeunes entretiennent avec les religions. Que font les différentes religions de ces nouveaux médias et de ces nouveaux moyens de production de discours ? Et comment, en retour, la sphère numérique et l’intelligence artificielle transforment-elles les religions et leur manière d’exister dans l’espace public ? Il s’agit de voir ce qui change dans la relation des jeunes aux religions mais aussi de comprendre comment les jeunes eux-mêmes changent le religieux.
A quoi faut-il s’attendre pour cette édition ?
L’idée est d’expérimenter un nouveau format avec plusieurs temps forts sur un mois. Nous retrouvons notamment le petit déjeuner avec les religions, au cours duquel les différents représentants des cultes de Strasbourg sont reçus à la ville pour un débat ouvert. La Collectivité européenne d’Alsace organise une série de visites dans des lieux de culte, ainsi qu’une journée de rencontre des différents groupes de dialogue interreligieux d’Alsace. La recherche aura une place importante en lien avec le programme Religis, avec une journée inaugurale le 14 octobre à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg. Plusieurs conférences-débats s’organisent à l’université et dans les médiathèques. Mais la nouveauté de cette édition, c’est surtout de donner la parole aux jeunes. Près d’une dizaine d’ateliers-débats sont organisés avec des associations étudiantes, de travail social et de dialogue interreligieux. Il s’agit d’animer des discussions avec des jeunes, impliquant à chaque fois un chercheur référent, autour des religions, du vivre-ensemble et de la laïcité. L’ensemble de ces débats fait ensuite l’objet d’une restitution lors du temps final du forum. Enfin, nous poursuivons le partenariat avec le festival Sacrées journées, dont un concert et une chorale participative avec des étudiants de l’université.
Quel rôle l’université a-t-elle à jouer dans le débat public sur les religions, la jeunesse ou la laïcité ?
L’Université de Strasbourg se distingue par la richesse et la diversité des recherches sur les questions religieuses. Elles émanent non seulement des facultés de théologie, protestante et catholique, mais aussi de nombreuses composantes de l’université. Le programme Religis nous permet de faire un pas de plus, en encourageant le croisement des regards disciplinaires sur les religions auprès d’un large public. Ce que nous pouvons apporter, c’est du recul critique, une mise en perspective des phénomènes et le sens de la complexité. L’idée est ainsi de nourrir un débat informé, loin des caricatures ou des paniques morales qui traversent notre société.
Le projet Religions et sociétés face aux défis contemporains (Religis)
Porté par l’Université de Strasbourg, le programme de recherche Religis réunit près de 450 chercheurs issus de 80 laboratoires autour des transformations des relations entre religions et sociétés. Il bénéficie d’un financement de 9 millions d’euros sur six ans (2025-2030) dans le cadre de France 2030. Interdisciplinaire et international, il vise à renforcer le dialogue entre la recherche, les décideurs publics et la société.
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