L’Université de Strasbourg met le cap sur la carte d’étudiant européenne
Au mois de juillet dernier, l’Université de Strasbourg s’est vue décerner le titre de champion European student card initiative (ESCI) par la Commission européenne. Ce titre marque une nouvelle étape en matière de dématérialisation des procédures Erasmus+ et de digitalisation de la carte étudiant. État des lieux avec Adèle Richard, chargée de projets internationaux à la Direction des relations internationale (DRI).
Être promu au rang de champion est une reconnaissance du travail accompli (voir encadré), mais aussi le début d’une nouvelle étape : l’entrée dans un groupe de travail et la participation à un programme. Ici, l’European student card initiative (ESCI), projet initié en 2017 qui vise à donner naissance à une carte d’étudiant européenne.
La Commission européenne désigne un champion par pays pour constituer un réseau d’établissements qui vont être ambassadeurs de l'initiative, diffuser les bonnes pratiques et faire des retours d'expérience. L’Université de Strasbourg a été choisie pour représenter la France
, explique Adèle Richard. Objectif : que les étudiants vivent une expérience de mobilité aussi simple et pratique que possible.
Harmoniser sans imposer
« À l’Université de Strasbourg, nous avons mis en place un QR code sur les pass campus : c'est une première pierre ! »
L’idée est de permettre à un étudiant en mobilité Erasmus d’accéder à l’ensemble des services de son université hôte avec la carte d’étudiant de son université d’origine. La principale difficulté réside dans la multiplicité et l’hétérogénéité des systèmes techniques utilisés. En fonction des pays, la structure qui délivre les cartes peut aussi être très différente : université, ministère voire syndicat étudiant comme c’est le cas en Finlande ! Il faut essayer de trouver un outil qui convienne à tout le monde, harmoniser sans imposer
, précise la chargée de projets internationaux.
Outre les challenges techniques, le défi est également de créer un écosystème de partenaires, publics et privés, qui reconnaissent cette carte et l’acceptent partout en Europe. À l’Université de Strasbourg, nous avons mis en place un QR code sur les pass campus, qui permet de justifier du statut d’étudiant à l’échelle du réseau de partenaires Erasmus+
, indique Adèle Richard. C’est une première pierre !
« Partager ses bonnes pratiques »
L’Unistra a présenté ses avancées en décembre dernier lors des ESCI days, aux côtés de la Direction générale de l’éducation, de la jeunesse, du sport et de la culture de la Commission européenne et de l’agence Erasmus+ France. Ce retour d’expérience a donné lieu à plusieurs sollicitations d’autres établissements qui souhaitent adopter la carte étudiante européenne à leur tour : l’Université Côte d’Azur, l’Université du Luxembourg, mais aussi le Comité national de la carte étudiante ont pris contact avec Adèle Richard.
Le rôle de champion consiste également à partager ses bonnes pratiques, à inspirer et à accompagner les autres établissements de son pays dans le renforcement de leurs initiatives et la mise en œuvre de leurs projets, tout en échangeant avec les champions des autres pays afin d’identifier de nouvelles pistes d’amélioration des pratiques numériques dans l’enseignement supérieur
.
Un point important du prochain programme Erasmus
En charge de ce projet au sein de la DRI avec son collègue Jordan Staub, Adèle Richard répond aussi aux consultations régulièrement organisées par la Commission européenne pour faire remonter des propositions (voir ci-dessous). Des rendez-vous trimestriels sont organisés en visioconférence et une réunion en présentiel des représentants de tous les champions aura lieu en juin à Bruxelles.
À terme, le projet pourrait être généralisé à toute l’Europe. Erasmus fonctionne par programmes d’une durée de sept ans. La question de la carte étudiante européenne sera un point important pour toute la durée du prochain programme dont le lancement est prévu en 2028
, conclut Adèle Richard.
Donnez votre avis sur la Carte d'étudiant européenne
La Commission européenne a lancé une grande consultation en ligne sur l'avenir de la carte d'étudiant européenne. Vous pouvez y participer en remplissant le formulaire en ligne, accessible jusqu'au 31 mars.
L'Université de Strasbourg championne Erasmus without papers (EWP) depuis 2023
Depuis 2016, la Commission européenne cherche à fluidifier les échanges entre universités. Elle a mis l’accent sur la dématérialisation des procédures à travers son initiative Erasmus without papers (EWP). L’Université de Strasbourg s’intéresse à ce projet depuis 2018. Cela nous a permis d’accumuler de l’expérience, lorsqu’en 2021, la Commission européenne a rendu obligatoire l'utilisation d'une plateforme en ligne pour s’échanger les accords de coopération Erasmus entre universités
, retrace Adèle Richard. La Direction des relations internationales a travaillé avec la Direction du numérique pour adapter ses outils et digitaliser ses processus. Un effort conséquent quand on sait qu’il y a, à l’Unistra, 1 300 accords Erasmus signés avec des partenaires européens. Ce travail a été récompensé, en 2023, par la Commission européenne qui a attribué un titre de Champion EWP à l’Unistra.
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