Cancers du sang : un service hospitalier, de la recherche au lit du patient
Chaque année en France 45 000 nouveaux cas de cancers hématologiques, plus communément appelés cancers du sang, se déclarent chez des personnes de tous âges. A l’occasion du mois des cancers du sang, rencontre avec Luc-Matthieu Fornecker, chef du service d’hématologie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), un centre de référence régional qui soigne les patients, en lien étroit avec la recherche fondamentale et clinique.
Leucémies, syndromes lymphoprolifératifs, myélodysplasiques, myélomes, lymphomes… la particularité des cancers du sang, c’est qu’il n’y a pas une maladie mais plusieurs dizaines. Certaines, comme les leucémies aigües sont des urgences thérapeutiques, d’autres nécessitent juste une surveillance
, rapporte Luc-Matthieu Fornecker, professeur des universités - praticien hospitalier.
A cheval entre soin, enseignement et recherche, le service des HUS prend en charge près de 1 000 nouveaux cas chaque année. Pour ce faire, il dispose d’une équipe de quatorze médecins parmi lesquels deux professeurs des universités - praticiens hospitaliers, une cheffe de clinique et un praticien hospitalier universitaire.
Nous avons 45 lits au total, 25 lits conventionnels et 20 lits de soins intensifs pour les traitements lourds qui nécessitent une chimiothérapie intensive.
C’est là que sont par exemple réalisées les greffes de moelle osseuse, le service est le seul à le proposer en Alsace.
Rechercher de nouveaux biomarqueurs
Il travaille en lien étroit sur un volet de recherche fondamentale avec le laboratoire hospitalier d’hématologie des HUS et le Laboratoire de spectrométrie de masse bio-organique de l’Institut pluridisciplinaire Hubert-Curien (IPHC - Unistra/CNRS). Il y a beaucoup de ces cancers dont on ne connait pas l’origine, mieux comprendre les maladies permet de mieux les cibler.
Dans les lymphomes par exemple, nous leur fournissons des échantillons biologiques de patients, avec leur accord. L’idée est de rechercher de nouveaux biomarqueurs à l’aide de la spectrométrie de masse pour identifier des cibles thérapeutiques et améliorer le diagnostic
, rapporte Luc-Matthieu Fornecker qui précise que de nouvelles cibles ont déjà été identifiée à Strasbourg. Autre collaboration, avec l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC - CNRS/Unistra/Inserm), pour comprendre les mécanismes à l’origine de certaines leucémies aigües.
La discipline a connu ses 15 dernières années beaucoup de progrès. Pour en faire bénéficier ses patients, le service a en moyenne une trentaine d’essais cliniques ouverts, en lien avec les laboratoires de recherche et industriels.
Des lymphocytes modifiés génétiquement
Avec notamment la participation à des essais cliniques sur les cellules CAR-T : Il s’agit de lymphocytes T, des globules blancs qui gèrent la réponse immunitaire, prélevés dans le sang des malades. Modifiés génétiquement en laboratoire pour reconnaitre et éliminer les cellules cancéreuses, ils sont ensuite réinjectés au patient.
Une technique de pointe qui améliore le pronostic des patients et se pratique uniquement à Strasbourg et Nancy dans le Grand Est.
Nous avons aussi plusieurs essais en cours sur les anticorps bispécifiques, une immunothérapie innovante qui consiste à forcer les lymphocytes T à s’attacher aux cellules cancéreuses à l’aide d’un anticorps. C’est notre rôle en tant qu’hôpital universitaire de proposer tôt aux patients un accès à l’innovation thérapeutique. Tout cela permet également à nos internes qui le souhaitent de se former à la recherche en plus de la pratique médicale
, conclut le chef de service.
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