Par La rédaction
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Panthéonisation de Marc Bloch : « L’université entre au Panthéon »

L’historien et résistant Marc Bloch a été panthéonisé avec sa femme, Simonne Bloch, ce mardi 23 juin à Paris lors d’une cérémonie officielle retransmise en direct sur France 2 à 21h. L’évènement a été suivi à Paris et Strasbourg par des membres de l’Université de Strasbourg. Une université où cet enseignant-chercheur a passé 17 ans de sa carrière.

C’est le premier historien à entrer au Panthéon, c’est donc l’université qui entre au Panthéon. Marc Bloch s’est constitué à Strasbourg, c’est là qu’il a fondé les Annales et fait ses premières recherches, rappelle Frédérique Berrod, présidente de l’Université de Strasbourg (Unistra). Présente à Paris, elle se dit fière de représenter Strasbourg dans cette panthéonisation qui est un moment extrêmement solennel et rassembleur.

A ses côtés, dans les gradins qui bordent le Panthéon, Alain Beretz, ancien président de l’université, évoque l’aboutissement d’une longue quête. C’était un gros travail. Daniel Bloch, un des fils de Marc Bloch, venait nous voir tous les ans, nous avons fait beaucoup de demandes pour que cette panthéonisation puisse se faire.

Un moment d’espérance 

Dans la délégation parisienne aussi, Daniel Payot, ancien président de l’université Marc Bloch. Il évoque une cérémonie importante rappelant l’attachement à la notion de vérité de Marc Bloch, le fameux Dilexit veritatem affiché à plusieurs reprises durant la cérémonie, dont je crois qu’on a bien besoin aujourd’hui !

Pendant ce temps, à Strasbourg, une centaine de personnes prennent place dans la salle Pasteur du Palais universitaire pour suivre la retransmission. Parmi elles, un groupe de jeunes, de 13 à 17 ans, du Conseil des jeunes de la Ville de Strasbourg qui ont suivi un parcours mémoriel depuis 2024. 

Rachel Schurhammer, vice-présidente Formation à l’Unistra et Abdelaziz Choukri, vice-président de l’Eurométropole en charge de l’enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante, font un petit discours en guise d’introduction à l’événement. Ce dernier rappelle que cet hommage est aussi un moment d’espérance. Espérance dans la force de la connaissance, dans le rôle de l’université et dans la capacité des générations qui viennent à porter ces exigences.

Un parcours mêlant science et résistance

21h, le silence se fait. La cérémonie débute, les deux cénotaphes, contenant des objets symboliques liés à la vie de l’historien, remontent l’allée vers le Panthéon. En parallèle, une mise en scène ponctuée de lectures de textes de Marc Bloch, de danses et de chants, permet de retracer son parcours mêlant science et résistance, de sa naissance à Lyon en 1886 à son exécution par la Gestapo le 16 juin 1944. 

Marc Bloch m’a donné envie de devenir chercheuse en histoire. La responsabilité de l’historien et de l’historienne porte autant sur le passé que sur le présent, scande Catherine Maurer, professeure d’histoire contemporaine à l’Unistra, sur le parvis du Panthéon, lors d’un des tableaux de l’événement.

Le cortège entre ensuite dans le bâtiment sous la Pavane de Gabriel Fauré, interprétée par la maitrise de Radio France. Place ensuite à la lecture de cinq citations militaires par le Général Thierry Burkhard, puis le discours d’Emmanuel Macron, président de la République. La cérémonie se clôt par la Marseillaise, le silence de l'émotion cède la place à des applaudissements nourris à Strasbourg et Paris.

L'interview

Frédérique Berrod et Enrica Zanin, vice-présidente Culture, science et société à l'Université de Strasbourg, présentes à Paris pour l'occasion, reviennent sur la Panthéonisation.

Video

Une table ronde à Paris 1 Panthéon-Sorbonne : « Exprimer la solidarité entre universités »

A 18h30, une table ronde diffusée en direct avant la panthéonisation et intitulée : Marc Bloch et l’Université, s’est déroulée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Pour toute bonne soirée, il faut une première partie pour chauffer la salle, introduit Sophie Cras, vice-présidente déléguée Science avec et pour la société de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui organise la table ronde en collaboration avec l'Université de Strasbourg.

Autour de la table, quatre présidentes et présidents et des historiennes et historiens représentant quatre établissements où l’intellectuel a laissé son empreinte : l’Unistra, l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, mais aussi l’École normale supérieure, Université Paris sciences lettres (ENS – PSL), et l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). 

Il est important de souligner que l’œuvre de Marc Bloch n’est pas réductible à une seule université. Cette panthéonisation a permis d’exprimer la solidarité entre universités, souligne Frédérique Berrod. Marc Bloch nous a rapprochés au-delà de toute concurrence. Nous avons collaboré et célébré ensemble depuis un an, un élément important par les temps qui courent. Espérons que cet esprit Marc Bloch va perdurer, ajoute Romain Huret, président de l’EHESS, avant de laisser place aux interventions des historiens.

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