Par Frédéric Zinck
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Un plan de gestion écologique des espaces extérieurs (2025-2029)

À la suite de l’état des lieux des espaces extérieurs et de leur gestion et d’un diagnostic écologique qui référence les différentes espèces présentes et leurs habitats, l’université s’est dotée d’un plan de gestion des espaces extérieurs. Un plan d’action guidé par quatre grandes priorités : la gestion, l’aménagement, la sensibilisation et le suivi de la biodiversité.

Nichoirs à mésanges, sites de compost, nouvelles plantations, lieux partagés de jardinage dans des composantes ou des laboratoires… La gestion écologique des espaces extérieurs et la préservation de la biodiversité sont développées depuis plusieurs années à l’Université de Strasbourg. Le tout gazon aujourd’hui n’est absolument pas le modèle de gestion dominant dans de nombreux espaces , souligne Enzo Jugieau, chargé de projets biodiversité et gestion écologique des espaces extérieurs à la mission Développement durable et responsabilité sociétale (DDRS).

Etat des lieux et diagnostic écologique

Pour faire le point, en 2024, un état des lieux des espaces extérieurs a été réalisé par la mission DDRS en collaboration avec la Direction du patrimoine immobilier et en lien étroit avec les gestionnaires de sites, les jardiniers et les référentes et référents DDRS. Parallèlement, un diagnostic écologique qui référence les différentes espèces présentes et leurs habitats a également été effectué avec différents équipes de recherches. 

Grâce à l’ensemble de ce travail coordonné par la mission, nous avons désormais une ligne directrice ; un plan de gestion écologique des espaces extérieurs à longs termes qui s’appuie sur quatre grands axes principaux : la gestion, l’aménagement, la sensibilisation et le suivi de la biodiversité , indique Enzo Jugieau. 

La stratégie est pensée pour l’université dans son ensemble et est déclinée de façon opérationnelle site par site grâce à des financements dédiés aux nouveaux aménagements. Plus de 20 projets d’aménagement sont planifiés, certains en cours d’autres achevés. 

Par exemple, sur le campus d’Illkirch, une tour à chauves-souris a été installée à proximité de la réserve naturelle permettant d’accueillir 50 chauves-souris ; plus d’une cinquantaine de nouveaux arbres et arbustes ont été plantés sur les différents campus ; l’éclairage extérieur du Fort Foch va bénéficier de travaux pour réduire la pollution lumineuse et ses impacts sur la faune, etc.

Un comité technique et scientifique a été constitué pour animer le projet dans lequel interviennent la Direction des moyens généraux, la Direction du patrimoine immobilier, le Service prévention santé environnement, le Jardin des sciences, la vice-présidence Responsabilité sociale, environnementale et éthique ainsi que plusieurs enseignants-chercheurs qui travaillent sur des thématiques de recherches associées. 

Un espace d’expérimentation scientifique
Le recueil de données naturalistes nous permettent d’obtenir des informations pour déterminer ce qui est efficace et ce qui l’est moins en matière de préservation de la biodiversité

La volonté de la mission est que les campus servent aussi d’espace d’expérimentation scientifique en lien avec le plan de gestion. Ces collaborations qui prennent la forme de projet de sciences participatives, de recueil de données naturalistes ou de projets tutorés nous permettent d’obtenir des informations pour déterminer ce qui est efficace et ce qui l’est moins en matière de préservation de la biodiversité et faire évoluer et améliorer le plan de gestion , explique Enzo Jugieau. 

Il évoque la collaboration avec le Laboratoire image ville environnement (Live). Nous avons travaillé à une typologie de gestion propre à chaque campus en fonction de la qualité des espaces disponibles et aussi de leur fonction. Cela passe par des zones engazonnées à des zones ornementales jusqu’à des espaces en gestion libre pour favoriser la spontanéité des végétaux et favoriser l’apparition de nouvelles espèces. Entre une zone de gazon et un espace en gestion douce, on observe trois fois plus d’espèces de végétaux et d’insectes. Aujourd’hui plus de 50% des espaces sont en gestion extensive, c’est-à-dire des zones où les tontes sont réduites pour limiter les impacts sur la faune et la flore. 

Une autre collaboration est en cours avec le dispositif de recherche EvolVille (Zone atelier environnementale urbaine) qui vise à suivre sur le long terme la biodiversité de 60 espaces herbacés urbains de l’Eurométropole de Strasbourg dont cinq sont situés sur les campus de l’Esplanade, de la Neustadt et d’Illkirch. Cet observatoire coordonné par Audrey Muratet, chercheuse au Laboratoire image, ville, environnement (Live – CNRS/Unistra) avec ses collègues du LIVE permet d’évaluer l’effet des changements de pratiques de gestion sur les plantes, les insectes, les oiseaux et les chauves-souris mais aussi de comprendre l’effet des autres pressions urbaines comme la fragmentation du paysage, la pollution lumineuse, la pollution sonore et l’effet d’îlot de chaleur urbain sur cette biodiversité.  Les premiers résultats montrent que la gestion est un des facteurs les plus influents sur les groupes analysés. Dans les sites les plus gérés, le nombre de plantes, la taille des individus, l’épaisseur de leurs feuilles et le poids de leurs graines sont réduits tout comme l’activité des chauves-souris. Moins on met de pression sur la nature en la ville plus elle sera vivable pour les humains et non humains , indique la chercheuse.

Sensibiliser les utilisateurs

Sensibiliser l’ensemble des utilisateurs représente également un levier d’action. Tout au long de l’année des journées thématiques comme celles sur les zones humides ou de la biodiversité, des semaines comme celle du printemps de la transition écologique, des sorties naturalistes, des projections de film, des journées biodiversité & Campus, des opérations de nettoyage, des ateliers de jardinage, sont proposés pour faire connaître les enjeux et communiquer sur le changement de gestion des espaces. L’objectif est de sensibiliser à la protection de l’environnement, de créer des réflexes au sein de la communauté. 

Pour les deux prochaines années, les priorités d’actions porteront sur le suivi naturaliste, l’évaluation de l’efficacité des modalités de gestion, la mise en place d’espaces favorables à la biodiversité sur les campus qui n’en ont pas encore bénéficié et enfin la mise en place d’aménagements de désimperméabilisation.

Le plan de gestion écologique en six points

  • Diminuer la pression de gestion sur les habitats
  • Installer des aménagements favorisant la biodiversité
  • Former et sensibiliser à la biodiversité
  • Développer des démarches d’observations de la biodiversité
  • Intégrer le plan de gestion écologique dans les futurs projets d’aménagements
  • Développer les espaces nourriciers sur les sites universitaires

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