Par Marion Riegert
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Les rites funéraires mis en scène à la Misha

Cercueils suspendus, jazz funérailles… l’exposition « Place au défunt : Mise en scène de la mort par les rites funéraires » explore comment nos sociétés transforment le deuil en rituel à travers un parcours en cinq étapes universelles, de la préparation du corps à la vie dans l'au-delà. Organisée par l'Association des étudiants de muséologie de Strasbourg (Edems), elle est visible jusqu’au 03 juillet 2026 à la Maison interuniversitaire des sciences sociales et des humanités d'Alsace (Misha).

Chaque année dans le cadre du master de muséologie, les étudiants doivent préparer une exposition. Nous commençons à travailler dessus dès le second semestre de la première année de master, explique Vanessa Leffler qui évoque une expérience très professionnalisante. Scénographie, communication… nous avons tout fait de A à Z.

Pour cette promotion, les huit étudiantes impliquées ont opté pour la thématique des rites funéraires. Gestes, objets, rôles, espaces : l’exposition montre comment nos sociétés contemporaines transforment le deuil en rituel. C’est un moment que tout le monde vit et qui peut rassembler. Il y a beaucoup de nous dans cette exposition, poursuit l’étudiante qui met en avant une approche pédagogique et ludique.

Les fausses funérailles

L’exposition est construite à travers un parcours de cinq étapes universelles des rites funéraires (cf. diaporama). Elle est agrémentée d’œuvres d’étudiants artistes de la Haute école des arts du Rhin (Hear), mais aussi d’objets utilisés dans des rites funéraires provenant de la collection d’ethnographie de l’Université de Strasbourg.

À chaque étape, un panneau bleu propose un focus insolite, pour casser un peu l’aspect pesant du sujet. L’occasion de découvrir la cryogénie. Les fausses funérailles, organisées par des entreprises en Corée du Sud, durant lesquelles des personnes vivent une expérience symbolique de leur propre mort. C’est un rite pour se défaire d’une période compliquée. Débuter une seconde vie. Ou encore la centaine de cercueils suspendus à flanc de falaise à Sagada aux Philippines.

De petites abeilles jalonnent le parcours faisant référence à un rite peu connu. Considérées comme des messagères de la vie, on leur annonçait les grands évènements comme la mort du roi ou de la reine, rapporte Vanessa Leffler qui évoque également, à la fin de l’exposition, une toile permettant de laisser un message aux défunts. 

Les cinq étapes universelles des rites funéraires en images

Autour de l’exposition

  • Colloque « Faire place à l’absent.e : expressions et ritualités funéraires sans corps dans le monde contemporain ». Jeudi 4 et vendredi 5 juin 2026, de 9h à 18, à la salle de conférence de la Misha. La thématique, plus ciblée, permettra d’explorer sous différents angles les questionnements des rites funéraires sans corps.
  • Rencontre avec Stéphanie Sounac, thanatopractrice, autour de son ouvrage Les yeux qu’on ferme. Jeudi 11 juin 2026, de 14h à 17h, à la salle de table ronde de la Misha.
  • Visites guidées. L’exposition est ouverte à tous les publics. Des permanences seront assurées par les membres de l’association Edems. Ces temps de présence permettront d’accompagner les visiteurs dans leur découverte de l’exposition, de répondre à leurs questions et d’échanger autour des thématiques abordées. Des visites guidées pourront également être organisées sur demande, en contactant l’association à l’adresse suivante : associationedems@gmail.com

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