Le programme Pause à l'Université de Strasbourg : près de dix ans d'accueil de chercheurs
Depuis 2017, l'Université de Strasbourg participe au programme Pause, dispositif national de soutien aux chercheurs et artistes en exil. Retour sur ce programme qui permet l'accueil d'un chercheur ou d'un artiste par un établissement d'enseignement supérieur français, via trois appels à projets par an, à l’heure des premiers bilans.
Un engagement fort de l'Unistra
À Strasbourg, les candidatures sont évaluées par un comité interne présidé par Frédérique Berrod, présidente de l’université associant le vice-président Recherche, science ouverte et formation doctorale, Rémi Barillon, ainsi que trois membres élus de la commission recherche. Une enveloppe annuelle de crédits Initiative d’excellence (Idex) soutient l'effort financier des unités de recherche en plus de l’apport de l’État. En 2026, elle s'élève à 80 000 €, soit en moyenne le cofinancement de quatre candidats.
Après presque dix ans d’existence, le bilan place l'Unistra parmi les établissements ayant accueilli le plus grand nombre de lauréats : 40 chercheurs venus de 13 pays différents, parmi lesquels l'Ukraine (13), la Russie (8) et la Syrie (4). Vingt-cinq unités de recherche, dans toutes les disciplines, ont fait office de structure d'accueil pour au moins un chercheur, avec un équilibre entre sciences humaines et sociales et sciences exactes.
Une enquête auprès des lauréats
Pour mesurer l'impact du dispositif, une enquête a été menée par la mission Solidarité, référent du programme à l’Unistra, auprès de 32 chercheurs ayant achevé leur parcours Pause au plus tard en janvier 2025. Résultats : la majorité a effectué la totalité du séjour prévu (deux ou trois ans). L'âge moyen des lauréats se situe entre 36 et 45 ans, et un quart d'entre eux ont plus de 55 ans. Côté langue, si environ la moitié possédait déjà un bon ou très bon niveau de français, un tiers conservait à la sortie un niveau faible ou tout juste suffisant pour la vie courante.
Insertion professionnelle et difficultés persistantes
Le suivi de l'insertion révèle une situation contrastée. À un an, si la recherche reste l'activité dominante, les taux de personnes en recherche d’emploi et sans emploi demeurent élevés, atteignant 67 %, une tendance qui se confirme à deux ans.
Au-delà de l’emploi, certaines difficultés reviennent régulièrement pour les chercheurs accueillis, principalement le logement, et l’intégration du conjoint et des enfants. Parmi les freins à l'activité professionnelle, les difficultés linguistiques arrivent en tête, suivies des préoccupations liées à la vie personnelle et familiale.
Côté accompagnement
Face à ces constats, l’université renforce progressivement son accompagnement avec suivi individualisé, une incitation à la formation linguistique dès l’arrivée, un accompagnement médico-social ou encore du coaching à l’insertion professionnelle en lien avec le réseau Euraxess. Autant d’actions destinées à faire du programme Pause non seulement un refuge, mais aussi une véritable possibilité de reconstruction scientifique et personnelle.
- En savoir plus sur le programme Pause
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