Deux journées pour interroger la place des bibliothèques dans un monde en transition
Les 29 et 30 janvier, l’Université de Strasbourg a accueilli au Studium les Journées nationales des bibliothécaires formateurs (JNF), un événement d’envergure organisé par l’Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires (ADBU) en partenariat avec l’Université de Strasbourg. Pendant deux jours, 235 bibliothécaires formateurs issus d’universités de France, de Suisse et de Belgique se sont réunis pour échanger, débattre et partager leurs pratiques autour des enjeux contemporains de la formation aux compétences informationnelles.
Placée sous le thème « Former en bibliothèque dans un monde en transition », cette édition a mis en lumière les profondes transformations qui traversent à la fois l’enseignement supérieur, les écosystèmes informationnels et les pratiques pédagogiques. Au programme : conférences plénières ouvertes aux participants mais aussi à tous les bibliothécaires du Service des bibliothèques (SBU), 32 ateliers répartis en 3 sessions, visites professionnelles et temps d’échanges informels.
Il ne peut y avoir de véritable démocratie sans information fiable
La conférence d’ouverture, donnée par Cédric Pellen, directeur du Centre universitaire d’enseignement du journalisme (CUEJ) de Strasbourg, a posé un cadre fort pour l’ensemble des débats. Intitulée « Faire face à la crise de l’information », elle a mis en lumière les menaces croissantes qui pèsent sur la liberté de la presse et la qualité de l’information. Face aux risques liés à la propagation de fausses informations, aux bulles informationnelles ou encore à la défiance envers les médias traditionnels, Cédric Pellen a rappelé un principe central : il ne peut y avoir de véritable démocratie sans information fiable.
La nécessaire transformation du rôle des bibliothèques universitaires
Au cours des différents ateliers, un large éventail de thématiques ont été abordées : l’intégration des compétences informationnelles dans les cursus universitaires, le développement de pédagogies actives, les usages de l’intelligence artificielle, la lutte contre la désinformation, l’éducation aux médias, l’inclusion, l’accessibilité et la prise en compte de la diversité des publics et la coopération entre bibliothèques, enseignants et services pédagogiques.
Les BU sont aujourd’hui reconnues comme des espaces d’apprentissage, d’expérimentation pédagogique et d’accompagnement des parcours étudiants
Ces journées ont offert un espace privilégié de réflexion collective sur le rôle stratégique que doivent désormais jouer les bibliothèques universitaires dans la formation des étudiants et des chercheurs, et plus largement dans la construction d’une citoyenneté critique. L’un des axes majeurs des JNF a porté sur la nécessaire transformation du rôle des bibliothèques universitaires. Longtemps perçues comme des lieux principalement dédiés à l’accès aux ressources, elles sont aujourd’hui reconnues comme des espaces d’apprentissage, d’expérimentation pédagogique et d’accompagnement des parcours étudiants.
Les bibliothécaires formateurs face aux défis contemporains
Dans sa conférence de clôture intitulée « Mutations et savoirs : apprendre à agir dans les contradictions », Alessia Lefébure, directrice de Sciences Po-Aix, a souligné l’impact des mutations écologiques, numériques, démocratiques et géopolitiques sur l’enseignement et la recherche. Former aujourd’hui, a-t-elle souligné, signifie apprendre à composer avec des tensions : utiliser l’intelligence artificielle tout en maintenant un esprit critique, recourir au low-tech dans un souci de sobriété, défendre la liberté académique, maintenir la mobilité internationale.
Dans ce contexte, les bibliothécaires formateurs occupent une place importante dans la formation universitaire. Ils contribuent activement à la construction de l’esprit critique, à la compréhension des mécanismes de production et de circulation de l’information, au renforcement des « compétences informationnelles » des publics universitaires.
Une mobilisation locale forte pour un résultat plébiscité par les participants
Près de 70 collègues de tous les services et pôles du Service des bibliothèques (SBU) se sont engagés dans l’accueil des participants et l’organisation de cet événement d’ampleur nationale. Le SBU a pu également compter sur l’appui de la Direction des moyens généraux et de la Direction du numérique.
Avec la volonté d’inscrire la manifestation dans une démarche écoresponsable, des volontaires du Service des bibliothèques ont confectionné des tote-bags à partir de tissus récupérés. Offerts aux participants, ces sacs ont constitué un geste symbolique fort.
Cette implication collective a contribué à créer un climat chaleureux et professionnel, salué par les participants. Dans l'enquête de satisfaction envoyée après l'événement, 75% des répondants ont considéré ces journées "absolument géniales" et 96 % ont jugé l'accueil et l'orientation par les volontaires “excellent”.
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