Par Edern Appéré
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Campus promoteur de santé : une politique transversale en matière de santé et de sport à l'université

Jeudi 17 septembre, l’organisation d’une réunion plénière à l’amphithéâtre Cavaillès marquait le démarrage de Campus promoteur de santé. Une démarche durable de promotion de la santé à l’Université de Strasbourg, pour les personnels et les étudiants. Entretien avec les porteurs de ce projet, Elisabeth Demont, vice-présidente Politique qualité de vie et des conditions de travail et Jérémy Darenne, vice-président Vie universitaire.

Pourquoi l’université a-t-elle lancé Campus promoteur de santé ?

Elisabeth Demont : Nous avons répondu à un appel à candidature de la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) au printemps dernier. Cet appel est arrivé alors même que l’université venait d’entrer dans une dynamique de santé durable avec l’inauguration du nouveau centre sportif, la nomination d’un chargé de mission politique du sport, la création de la vice-présidence qualité de vie et des conditions au travail… Le programme Campus promoteur de santé correspond parfaitement à notre ambition de mener une politique transversale en matière de qualité de vie dans les études et au travail, en s’adressant à la fois aux personnels et aux étudiants.

Quels sont les objectifs de cette démarche ?

E. D. : Nous souhaitons structurer les initiatives existantes en faveur de la santé durable et en lancer de nouvelles. Les objectifs prioritaires en ce qui concerne les personnels sont de lutter contre la sédentarité au travail, promouvoir l’activité physique et sportive, améliorer les conditions de vie et de travail. D’autre part, nous voulons également mettre en valeur toutes les recherches en santé durable menées au sein de l’établissement.

Nous souhaitons structurer les initiatives existantes en faveur de la santé durable et en lancer de nouvelles

Jérémy Darenne : Les études scientifiques montrent qu’il y a une baisse d’activité physique à trois moments clés de la vie : l’arrivée à l’université, le mariage et la naissance du premier enfant. Les étudiants mettent trop souvent entre parenthèses leur pratique sportive pendant qu’ils sont à l’université. Ils ont aussi tendance à négliger l’impact de leur santé sur leur réussite universitaire. Grâce à Campus promoteur de santé, nous cherchons à leur faire prendre conscience qu’il est important de pratiquer une activité physique et que cela a un impact positif sur leur réussite universitaire. Nous souhaitons également avoir une attention particulière pour les personnes en situation de handicap qui sont les plus éloignées des recommandations en matière d’activité physique.

E. D. : Au-delà des deux ans du programme financé par la DGESIP, notre but est de signer la charte internationale de l’Okanagan qui labellise les universités promotrices de santé. À l’heure actuelle, seules deux universités en France l’ont signée. Campus promoteur de santé est donc un accélérateur pour pérenniser nos actions.

Comment va se déployer Campus promoteur de santé ?

Nous allons interroger les membres de la communauté universitaire. Nous serons à l’écoute de toutes les suggestions qui nous parviendront

E. D. : Nous avons d’ores et déjà initié un travail de cartographie des dispositifs en place à l’université. Cela nous a permis de voir la somme d’initiatives existantes qu’il faut valoriser et coordonner. Courant octobre, nous allons interroger les membres de la communauté universitaire par le biais d’un sondage et d’ateliers* pour recueillir des idées de nouvelles actions. Nous serons à l’écoute de toutes les suggestions qui nous parviendront. Nous évaluerons, selon un principe de réalité, dans quelle mesure elles sont réalisables, en fonction de leur coût, des contraintes réglementaires, d’éventuels passages devant des instances pour être entérinées.

Certaines actions vont peut-être nécessiter un partenariat avec les collectivités locales, pour réaliser des aménagements sur les campus par exemple. Si certains projets demandent des financements importants, nous chercherons des mécènes avec l’aide de la Fondation.

Nous ferons un bilan en fin d’année universitaire pour mesurer si les actions et événements proposés ont été fréquentés, et quels bénéfices les étudiants et personnels en ont perçu.

Comment comptez-vous susciter l’adhésion de la communauté universitaire ?

Il faut envisager différents types d’actions et voir lesquelles mobilisent le plus de personnes

J.D. : Les étudiants qui arrivent à l’université ne connaissent pas forcément les services qui leur sont proposés, notamment en matière de pratique sportive. Pour les sensibiliser, il faudra en priorité cibler l’échelle de leur composante car il s’agit de la structure à laquelle ils ont davantage un sentiment d’appartenance. Les amicales et associations étudiantes sont aussi un bon moyen pour les toucher. Au-delà des étudiants, il nous faut adopter des discours positifs et non culpabilisant, ne pas faire reposer la responsabilité de pratiques saines et actives sur les seuls individus. On observe que l’adoption de nouveaux comportements fonctionne beaucoup mieux par mimétisme avec les collègues que les injonctions seules.

E.D. : Il faut trouver la bonne dynamique, envisager différents types d’actions et voir lesquelles mobilisent le plus de personnes : cela peut consister à travailler sur la signalétique - pour inciter à utiliser les escaliers plutôt que l’ascenseur -, avoir des ambassadeurs qui partagent des bonnes pratiques dans leur structure ou leur bâtiment, mettre en place des défis entre composantes ou structures… Soyons ensemble inventifs !

* Les trois premiers ateliers se dérouleront le 19 octobre (de 10 à 12 h), le 21 octobre (de 13 à 15 h) et le 22 octobre (de 9 à 11 h). Ces événements feront l'objet d'une communication sur Ernest et par courriel

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