Par Edern Appéré
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À 70 ans, l’Institut du travail continue à penser le travail et en éclairer les mutations

Vendredi 3 juillet, l’Institut du travail (IDT) de Strasbourg organise un colloque pour célébrer ses 70 ans. Les deux co-organisatrices de l’événement, Michèle Forté, maître de conférences en sciences économiques et Tiphaine Garrat, ingénieur d’études et juriste en droit social, dressent le bilan et les perspectives de l’IDT.

Comment est né l’Institut du travail de Strasbourg ?

Tiphaine Garrat : L’Institut du travail est né en 1956 de la volonté de Marcel David, historien du droit, alors professeur à l’Université de Strasbourg. Son souhait était double : que le monde ouvrier puisse accéder à l’université et que des échanges puissent avoir lieu entre le monde du travail et le monde académique. Il s’agit du premier institut de ce type créé en France. Il a servi de modèle et a donné naissance à un réseau national qui compte désormais dix instituts. 

« Il s’agit du premier institut de ce type créé en France. Il a servi de modèle et a donné naissance à un réseau national »

Michèle Forté : C’était faire preuve de beaucoup d’audace que de frapper à la porte du président de l’université de l’époque et lui proposer de créer un institut dédié exclusivement à la formation des militants syndicaux. Cette initiative a été activement soutenu par les trois principales organisations syndicales de l’époque et par la Faculté de droit.

Où en est l’institut, 70 ans plus tard ?

T. G. : Ses missions sont toujours les mêmes : contribuer à la formation des militants syndicaux et mener des recherches en sciences du travail. L’institut propose un enseignement sur mesure. Les organisations syndicales choisissent les thématiques des sessions, en fonction de leurs besoins. Puis le programme et le contenu sont élaborés et mis en œuvre conjointement.

M. F. : Les sessions de formation portent sur des sujets divers tels que le droit du licenciement, la défense des droits, la santé au travail ou le chômage. Certaines sessions sont animées par des binômes en droit, économie ou sociologie, par exemple sur l’égalité professionnelle, la négociation collective ou les jeunes. Des sujets de société qui ont un fort impact sur le monde du travail sont également abordés comme l’intelligence artificielle ou les questions environnementales.

« L’espace d’échanges que nous créons permet de confronter les expériences des uns et des autres »

T. G. : L’institut accueille des militants pour des sessions de formation d’une semaine. Ce format permet aux participants de s’immerger dans la thématique de la formation. Nous logeons les stagiaires sur place, dans nos locaux, ce qui crée une dynamique de convivialité très appréciée. Les participants ont des profils très variés : ils peuvent être cariste, cadre, bac+5, ne pas avoir fait d’études, être représentant d’une branche professionnelle ou militant dans une PME. Ils suivent la formation, font des exercices et des cas pratiques en commun. L’espace d’échanges que nous créons permet de confronter les expériences des uns et des autres.

Quelles sont les perspectives pour les années à venir ?

M. F. : Avec le soutien de l’administration du travail, l'institut a diversifié son activité en proposant des conférences et des webinaires à un large public sur des thématiques en lien avec l’actualité économique et sociale. L’institut édite une lettre d’information et le site de ressources en ligne dialogue-social.fr. Nous souhaitons continuer à délivrer des informations gratuitement par ces canaux.

T. G. : L’institut du travail a démontré la pertinence de son modèle singulier. Mais ses activités ont déjà changé et sont appelées à évoluer encore, tant en termes de formation que de recherche eu égard aux transformations de la société.

En quoi va consister le colloque anniversaire du 3 juillet prochain ?

T. G. : Nous allons accueillir aussi bien des intervenants issus du milieu universitaire que des représentants du monde syndical. Cette journée sera l’occasion d’évoquer des questions d’actualité relatives au travail et de donner la parole aux stagiaires venus se former à l’institut. 

M. F. : Nous avons découpé la journée en trois séquences. Chacune sera composée d’interventions sur un format court de 15 minutes par intervenant, car nous souhaitons laisser de la place à des moments d’échanges. Elle sera conclue par une table ronde au cours de laquelle seront abordés l’histoire et les perspectives de l’institut. Une captation vidéo sera réalisée et disponible quelques jours plus tard sur le site dialogue-social.fr, pour les personnes qui n’auraient pas pu s’inscrire.

Un colloque anniversaire

L’Institut du travail de Strasbourg célébrera, vendredi 3 juillet 2026 de 8h30 à 16h30 ses 70 ans d’engagement dans la formation supérieure des militants syndicaux, lors d'un colloque intitulé « Penser le travail, éclairer les mutations : les instituts du travail, 70 ans de formation et de recherche sur le travail ». Cet événement se déroule à la Manufacture des tabacs et fera l'objet d'une captation vidéo.

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